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Publié par Homme Culture & Identité

Tribune parue dans le site de La Vie et publié le 08/03/2012

Appelez-moi Mademoiselle !

Elles sont professeur, étudiante ou femme au foyer. Dans une tribune sur lavie.fr, six jeunes femmes d'horizons divers lancent à l'occasion de la journée de la femme un appel à un autre féminisme. Elles défendent la complémentarité plutôt que l'égalité des sexes, et réagissent à la circulaire qui prévoit de supprimer la mention "Mademoiselle".

 

Appelez-moi Mademoiselle !

« Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures, si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales », disait Sacha Guitry. Heureusement, en France, nous sommes sauvées. Nous avons trouvé la solution pour éradiquer ce genre d’attitudes rétrogrades et arriérées.

Depuis le 21 février une circulaire signée par le Premier Ministre supprime la mention “Mademoiselle” des formulaires administratifs. Comme prévu, chacun y va de sa réaction. Les féministes crient victoire et continuent tout de même de se scandaliser parce que ce tournant aurait dû avoir lieu bien plus tôt et parce que le combat continue. Il faudrait d’ailleurs aussi interdire sur les ondes la diffusion de chansons réactionnaires telles que « Mademoiselle chante le blues » ou « Mademoiselle Valérie ». D’autres s’interrogent discrètement et culpabilisent presque d'être d'affreux conservateurs, eux qui regrettent ce terme de « Mademoiselle » qu’ils trouvaient pourtant élégant, flatteur et respectueux. Comment sauver la french-touch dont toute la subtilité résidait dans ce magique « Eh, Mademoiselle, t’es trop charmante »… D’autres encore - et ils sont nombreux, tous ceux qui n’osent plus s’opposer au féminisme acharné - se demandent si c’est vraiment le débat du siècle et si on a trouvé là, la meilleure solution pour nous sortir de la crise. Mais c’est la seule contestation politiquement correcte qui leur reste… Analysons la situation.

 

En quoi cette circulaire défend-elle la dignité de la femme ? Ou plutôt en quoi le fait d’être appelée « Mademoiselle » était-il dégradant ? Parce que cela définissait la femme en fonction de son état conjugal : mariée ou non mariée. Comme si la dignité de la femme dépendait de cette question… Alors que « la femme d’aujourd’hui » se bat pour prouver qu’elle n’a pas besoin d’un homme, dans le même temps, elle revendique un titre qui exprime par définition un attachement à l’homme. Coco Chanel elle-même serait bien marrie de cette réforme, elle qui défendait son droit à être une éternelle « Mademoiselle », libre et non embourgeoisée dans l’institution du mariage. N’oublions pas la prochaine fois de nous battre pour changer les règles lors d’un naufrage, pour que les femmes ne soient plus obligées de quitter le navire les premières. Un vrai scandale…

 

Nous avions le droit de nous faire appeler « Madame » ou « Mademoiselle » selon notre choix, attention particulière et délicate qui nous est maintenant refusée. Y avons-nous vraiment gagné ? N’aurions-nous pas plutôt (encore) perdu un droit ? Ce que nous gagnons en "égalité", nous le perdons en féminité. Le vrai combat n’est-il pas plutôt de faire reconnaître notre valeur plutôt que de chercher de manière épuisante l’”égalité” absolue (et impossible, nature oblige) avec les hommes ? Nous aimions être “Mademoiselle”, et le regrettons déjà.

La journée de la femme nous donne, une nouvelle fois, l'occasion de réfléchir sur le combat pour le respect des droits des femmes dans le monde. Mais ne nous trompons pas de combat : les femmes doivent trouver la place qui est la leur, elles doivent obtenir les droits et les libertés qui sont les leurs, et qui peuvent être différents de ceux des hommes.

Le collectif :

Hombeline Caillaud 23 ans - Professeur de français
Sophie Chartrousse 25 ans - Consultante en santé hospitalière
Anne-Lise Josset 25 ans - Chargée de communication
Anne Mitton 26 ans - Femme au foyer
Sarah Schlienger 25 ans - Chef de produit Marketing
Solenn Boüan 23 ans - Etudiante en école de commerce

Commenter cet article

Delphine P 31/08/2013 20:12

ah, comme ça fait plaisir de lire ces lignes. je ne suis donc pas la seule à me battre pour conserver ce titre de mademoiselle auprès de mes collègues et collaborateurs!? tant que je ne suis pas
mariée (et donc liée à un homme pour la vie), j'ai le droit d'être une demoiselle... bravo, mesdemoiselles. ONLR!