Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Homme Culture & Identité

Note de HCI : cet article trouve sa place sur ce blog car il évoque un problème que notre société a développé chez certains hommes et chez certaines femmes : la capacité à laisser libre place à un déferlement pulsionnel, une sorte d'expression de pulsions asociales qui sont en chacun d'entre nous. Il y a là sous-jacentes beaucoup de questions sur les excès de notre société, sur l'utilisation par le commerce de nos pulsions pour vendre plus, sur les resorts des médias pour nous rendre consommateurs d'images qui nous rabaissent à nos pulsions... Bref des sujets pour réfléchir ensemble à ce que deviendraient les hommes et leur identité si on laissait ce "système" se diffuser encore plus sans limite ni retenue.

 

Bizutage : «Les plus pervers deviennent des leaders»

  • Par Caroline Beyer
  • Publié le 07/11/2012 à 07:23
Pour Samuel Lepastier, psychanalyste et psychiatre, le bizutage gêne car il montre des jeunes bien sous tous rapports se comporter comme des voyous.

 

Pourquoi le bizutage dérape-t-il ?


Sous l’effet du groupe ou de l’alcool, on arrive à une perte des limites et une dilution de la responsabilité. Les pulsions ressortent. Les plus pervers deviennent les leaders. On se rapproche alors des mécanismes de lynchage.

Ce qui dérange dans le bizutage, c’est de voir des jeunes filles et des jeunes hommes bien intégrés se comporter comme des voyous. Ces pulsions asociales sont pourtant présentes en chacun d’entre nous. Le bizutage les révèlent.

 

Où faut-il chercher les racines du bizutage ?


Le bizutage existe surtout dans l’espace culturel français. Après la révolution française, la constitution des élites par le diplôme a remplacé l’élite par la naissance, grâce à la création des grandes écoles .Après 1830, celles-ci ont imposé des rituels rappelant les cérémonies des corporations sous l’ancien régime, supprimées en 1791. Cet adoubement permet de marquer l’appartenance à cette «noblesse républicaine».

L’école des arts et métiers, à l’époque seule grande école d’enseignement technique, accueillait des élèves d’origine sociale parfois modeste. L’«usinage» a été mis en place pour instaurer un fossé entre les futurs contremaîtres et leurs ouvriers. Au départ, les cérémonies étaient très codifiées, puis, au fil du temps, les rites ont perdu de leur sens pour laisser la place au seul déchaînement pulsionnel. Le plaisir d’humilier est devenu une fin en soi.

 

L e bizutage recule-t-il selon vous ?


Dans les grandes écoles, le phénomène a reculé. Mais parallèlement, il est arrivé dans de petites écoles privées plus récemment créées. Le bizutage leur donne l’illusion de faire partie des grandes écoles.

 

Quelles sont les conséquences sur le bizuté et le bizuteur ?


Comme toute violence, le bizutage peut entraîner un traumatisme, avec la particularité cependant que ces événements surviennent alors que la personne est en formation. Pour les plus fragiles, cela peut conduire à une forte marginalisation. De son côté, le bizuteur risque de découvrir le plaisir à fonctionner de manière sadique, ce qui peut l’amener à poursuivre dans cette voie.

 

Source :

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/bizutage-les-plus-pervers-deviennent-des-leaders-378/

Commenter cet article