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Publié par H.C.I by Arthur Vivien (pseudo)

note de H.C.I : il y a au Québec une profonde réflexion et des actions multiples pour apporter aux hommes du soutien afin qu'il puisse affirmer leur place dans un environnement où le féminisme radical a parfois trop mis en cause l'homme et les attributs de la masculinité. Cet article ébauche une définition de la notion du masculin, c'est là son premier mérite. Son deuxième mérite est de se soucier des femmes, de ne pas partir en croisade contre elles mais au contraire de se soucier de développer avec elles des relarions saines et harmonieuses.

Article publié au Québec le 10 octobre 2010  

L’identité masculine, il faut bien l’avouer, est plutôt dans un état instable par les temps qui courent. Le féminisme, le féminisme radical surtout, a fait des siennes et beaucoup d’hommes ont écopé : leurs attributs masculins ont été parfois bafoués au point où  plusieurs en ont  perdu leurs repères. Travail, mari et père, trois concepts qui proposent maintenant un rôle masculin bien différent, les femmes étant de plus en plus présentes sur le marché de l’emploi, le mari et le père remplacés à souhait dans la famille d’aujourd’hui.

 

À l’heure de l’influence féminine

Au Québec, la venue du féminisme, ses luttes et sa prépondérance, a certes permis aux femmes de progresser dans la conquête de leurs droits et liberté :  elles ont su grandement transformé leur milieu de vie. Qui plus est, les valeurs dites féminines (intériorité, prudence, empathie, conservation, pacifisme), d’alléguer l’éditorialiste Mario Roy, de La Presse, constituent aujourd’hui les étalons de mesure à partir desquels tout est jugé. Ce n’est pas peu dire. Ces changements ont profondément marqué la vie des hommes. Il est alors pertinent de croire que la mouvance féministe est inséparable d’une condition masculine qui suscite actuellement bien des interrogations et des inquiétudes. On peut littéralement parler de crise de l’homme.

 

Dans la société actuelle, une société de plus en plus féminisée, il est quasi indispensable de ne pas faire l’éloge des femmes et de la  féminité sous peine d’être mal perçu par son entourage. Et devant la mise en relief des valeurs féminines et le refus des valeurs masculines,  beaucoup d’hommes se sont écrasés…

 

Comme l’explique si bien Élisabeth Badinter :

Débarrassés, pour une fois, du carcan de la bien-pensance, les hommes, toutes générations confondues, ne se gênent pas pour dire leur mal-être et leur ressentiment à l’égard des femmes qu’ils considèrent comme les grandes gagnantes des trente dernières années. Dépossédés, désorientés, amers ou inquiets, ils s’imaginent dans leurs pires cauchemars un futur d’homme-objet, castré, inutile (même dans la reproduction). Les plus vieux parlent des championnes qui les ont terrassés;  les plus jeunes de domination féminine. Tous redoutent peu ou prou leurs nouvelles rivales.*

 

Les hommes ont donc souvent la perception d’être victimes d’une émancipation féminine qui a bouleversé la hiérarchie des valeurs. Rien d’étonnant à ce qu’ils puissent mettre en doute leur masculinité et vivre les affres d’une instabilité qui ne trouve pas facilement d’issue.

 

Une notion de la masculinité

À cette époque de perturbation et de désarroi pour les hommes, une question demeure fort appropriée : en quoi consiste la masculinité ? C’est l’ensemble des caractères spécifiques qui font un  homme. Virilité !  le mot qui peut tout résumer. Être masculin, c’est être viril. Mais c’est un peu court comme explication.

 

La masculinité peut être définie comme l’ensemble des qualités ou des caractéristiques généralement attribuées à l’homme, telles que la force, la virilité, la compétition, la vaillance, la mise en valeur personnelle, le travail, l’autonomie financière, l’esprit de décision, la réussite sociale, le pouvoir, la domination, l’indépendance, la maîtrise de soi, l’ambition, une certaine agressivité, le dépassement, etc., le mode de socialisation masculine incitant les hommes à développer quelques-unes d’entre elles, dont  l’autonomie et le sens de la compétition. Bien sûr, ce sont toutes des qualités qu’on peut relever chez les femmes. Mais, généralement, ces attributs constituent l’essence même de l’homme et  sont à la base du masculin; ils  contribuent à donner du sens à vie des  hommes. Enfin, la masculinité est forcément liée à l’estime de soi qui donne force et confiance dans la gestion de sa vie.

 

Pour mieux cerner ce qui maintenant construit un homme, il importe de distinguer entre le sexe et le genre. Le sexe, mâle ou femelle,  est donné à la naissance;  il relève d’une catégorie anatomique et sa fonction demeure la reproduction. C’est ainsi qu’on naîtrait mâle ou femelle avec des attributs spécifiques. Le sexe peut donner jusqu’à un certain point une base à l’identité. Ainsi, la testostérone joue évidemment un rôle important dans le développement de la masculinité et il est bien difficile, pour un homme, d’échapper à la pilosité ou à une voix grave. Et qui peut prétendre que l’hormone n’influence absolument pas la manière de penser ?

 

Le genre, lui, est une configuration sociale et révèle habituellement une apparence, des attitudes,  un maintien ou un style de vie. La féminité ou la masculinité se construisent par l’expérience, au fur et à mesure que l’on avance dans la vie. C’est ici, bien sûr, que le féminisme a rattrapé les hommes. Quand on affirme que la société actuelle est de plus en plus féminisée, cela signifie que le masculin n’a plus le haut du pavé, que les qualités féminines, encore une fois, sont davantage valorisées, que les femmes occupent de plus en plus de place dans l’espace public, ce qui n’est pas un mal en soi. Mais c’est un phénomène qui perturbe la vie de certains hommes.**

 

Pour que l’homme réaffirme son identité

Et comment l’homme d’aujourd’hui peut-il maintenant bâtir ou renforcer son identité si intimement liée à sa masculinité ? Loin de nous l’idée de fournir une réponse exhaustive, en si peu d’espace,  à une telle interrogation. En premier lieu, l’homme peut raffermir son identité par une prise de conscience de ses besoins fondamentaux. La pyramide de Maslow, un psychologue du comportement humain, est fort indicatrice  de ces besoins à satisfaire. Après les besoins primaires  de la physiologie et de la sécurité, vient ce besoin ultime qui est la réalisation de soi. Par des projets dynamiques, les hommes doivent apprendre à s’imposer et à vivre heureux.

 

De ces besoins satisfaits, il découle une autre façon de mieux assumer son identité : c’est de donner du sens à sa vie. Celui à qui échappe la signification de son existence risque fort de plonger dans les dépendances ou dans la maladie, car les incertitudes du quotidien, le mal de vivre, la peur de la mort auront tôt fait de venir à bout de ses motivations et de son bonheur de vivre.

 

Se poser ces questions, c’est donc le début  d’une réflexion sur la signification de la vie, mais il faut aller plus loin. En effet, il importe de découvrir  ce que l’on croit de la vie, quelle croyance on nourrit envers l’être humain et quels sont les intérêts qui nous animent. On doit aussi accepter les dures réalités du quotidien, la souffrance, le mal, les échecs qui sont souvent notre lot et qui caractérisent la condition humaine.

 

La spiritualité peut nous apporter réconfort et joie de vivre, tout en nous faisant mieux comprendre les raisons d’être de notre existence.  Prise au sens large, la spiritualité se veut une sorte de philosophie de la vie qui  rend l’existence plus significative; la démarche spirituelle se rattache à toute recherche de sens et, plus précisément,  à une relation avec la transcendance, Dieu, le Cosmos, le Vrai, le Beau, peu importe de quoi ou de qui il s’agit.

 

Bref, c’est par une affirmation de soi, une prise en charge en bonne et due forme de lui-même, en satisfaisant ses besoins, en s’engageant dans sa vie sociale, en assumant ses attributs masculins dans une saine compréhension du rapport homme/femme que l’homme peut à la fois renouveler et renforcer son identité. Ainsi, les hommes du Québec pourront-ils se libérer pour entretenir des relations saines et harmonieuses avec les femmes.

 

_______________________________

Références

*    Élisabeth BADINTER, Fausse route, Paris, Odile Jacob, 2003, p. 184.

** André LEDOUX, De  l’homme en crise à l’homme nouveau. Essai sur la condition masculine, Québec, Option Santé, 2009, p. 64.

 

Source : http://andreledoux.blogauteurs.net/blog

 

Site de vente en ligne du livre du Docteur LEDOUX sur la condition masculine, De  l’homme en crise à l’homme nouveau. Essai sur la condition masculine, Québec, Option Santé, 2009 : http://www.blogauteurs.com/product.php?id_product=24

 

 

Réfléchir à la condition des hommes

 

 Il importe prioritairement de valoriser la paternité, de renforcer l’identité des hommes et de promouvoir une image positive d’eux.

                                                                                                                              

                                                                                     Le rapport Rondeau

 

 

  Parler des hommes dans les médias, ce n’est pas tout à fait conforme à la rectitude politique; par les temps qui courent, l’élément masculin doit faire preuve de retenue et de discrétion. Nous vivons dans une société de plus en plus féminisée qui ne rate pas l’occasion de mettre en évidence les réalisations des femmes. Il faut s’en réjouir dans une large mesure, puisque c’est un juste retour des choses : les femmes ont essuyé  l’oppression et des injustices au cours des siècles et leur émancipation complète est loin d’être acquise. Mais il faut avouer que l’homme subit les contrecoups des avancées de l’univers féminin. Il se questionne sur ces façons d’être et de faire, tout en étant témoin de l’érosion de son système de valeurs, au point d’être placé dans un état de crise existentielle. Les hommes assument donc un destin de plus en plus lourd et exigeant.


Ce qui est horrible dans la condition masculine, c’est de toujours faire face, d’être le meilleur, de ne jamais manifester de faiblesse, une dynamique de la maîtrise de soi qui mène parfois à des attitudes ou des comportements autodestructeurs. La suite, on peut la deviner : les dysfonctions comportementales et les maladies refuges comme la psychose, la névrose, l’alcoolisme, etc.

L’impact du féminisme

        

Au Québec, la venue du féminisme a certes permis aux femmes de progresser dans la conquête de leurs droits et libertés; elles ont su transformer leur milieu de vie. Qui plus est, les valeurs dites féminines (intériorité, prudence, empathie, conservation, pacifisme), d’alléguer l’éditorialiste de La Presse, Mario Roy, constituent aujourd’hui les étalons de mesure à partir desquels tout est jugé. L’idéologie féministe a fait table rase de tout un pan de la culture humaine. Ce n’est pas peu dire. Il est alors pertinent de croire que cette mouvance féministe est inséparable d’une condition masculine qui suscite actuellement des inquiétudes.


D’aucuns soutiennent que, avec les années, les acquis du féminisme ont pris des proportions déraisonnables qui créent un déséquilibre par rapport à la condition masculine. Les problèmes sociaux et juridiques des hommes et les besoins qui en découlent sont immenses comme le démontre le rapport Rondeau publié en 2004.


Le féminisme a grandement contribué au rejet de l’autorité de type paternel qui imposait parfois des bornes rigides et inégalitaires. Allié à la libération sociale des années 70 - pensons au slogan Peace and Love - le mouvement des femmes a fait en sorte que l’autorité, considérée comme du fascisme, devienne moins persuasive et s’affaiblisse; son déclin a même été perçu par certaines gens comme un progrès. L’auteur du livre Le féminisme et ses dérives, Jean Gabard, explique avec justesse :

           

Dans la nouvelle démocratie, la grandeur est ridiculisée, inversement small is beautiful. (…) Tous les pouvoirs, toutes les hiérarchies, toutes les institutions, qu’elles soient militaires, politiques, religieuses, scolaires, familiales, sont déconsidérés. (…) Tout ce qui était opprimé doit être soutenu. Il faut défendre la cause des enfants, la cause des adolescents contre les adultes, la cause des femmes et des homosexuels contre le pouvoir mâle… La nouvelle pensée dominante est celle qui défend les dominés.

 

Une fragilité identitaire 

Les hommes se sentent maintenant déstabilisés et perplexes.  Pourquoi ce désir de la compétition à outrance ?  Sommes-nous si  supérieurs aux femmes ? Pourquoi craindre les émotions ? Pourquoi fuir l’intimité ? D’où provient le désir de  domination ? Pourquoi vouloir toujours s’imposer et se montrer les meilleurs ? Et cette indiscutable violence masculine ? Bref, c’est la déconstruction de la masculinité. Et le psychiatre britannique, le Dr Anthony Clare, va plus loin lorsqu’il écrit : À l’aube du XXIe siècle, la masculinité est dépeinte par plusieurs analystes comme un état de déviance, comme une pathologie.  

L’effondrement des valeurs masculines traditionnelles a renforcé la fragilité identitaire de l’homme d’ici, malheureusement trop habitué à une image de perdant et de gagne-petit, profondément enfoncé dans un complexe d’infériorité inscrit dans une histoire  impossible à refaire : les hommes canadiens-français ont perdu la bataille des Plaines d’Abraham en 1760 et les rébellions de 1837 et 1838 leur ont été défavorables.

Les difficultés de certains pères n’arrangent rien au vécu des hommes. Le 8 février 2005, Radio-Canada présentait, dans le cadre de l’émission Enjeux, un documentaire de Serge Ferrand intitulé : La Machine à broyer les hommes. L’auteur y démontrait les discriminations que vivent les hommes, en ce qui concerne surtout les litiges familiaux et la détresse des pères à la suite de la décision de confier la garde des enfants  aux mères, même si souvent le tribunal ne fait qu’homologuer une entente entre les parents. Il faut donc comprendre les réactions masculines à l’endroit d’une situation souvent injuste.

Pour certains autres, les épreuves commencent à l’heure de la retraite. Plongés pendant des années dans un travail qui absorbait énergie et intérêt, plusieurs hommes n’ont pas su préparer ce grand virage frappant comme un coup de massue. Leur identité de travailleurs s’effondre. Que faire maintenant de son existence ? Comment donner un nouvel élan à ses motivations pour satisfaire ses besoins et être heureux ? Faut-il retourner au boulot ?

 

De l’espoir à l’horizon

 

On l’a souvent répété, l’homme d’ici doit cesser de croire qu’il est un minus habens et c’est la condition essentielle pour se refaire une identité masculine forte et solide. Il demeure crucial de s’inspirer de grands modèles. Chacun dans son domaine respectif, Maurice Richard, Jean Béliveau, Alexandre Despatie, Félix Leclerc, Michel Tremblay, Alain Lefebvre, Fernand Dumont, Jean-Paul Lemieux, Pierre-Elliot Trudeau, René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard… sont des hommes porteurs de grandes qualités; leur réussite et leur comportement viennent renforcer notre identité masculine. Chacun de nous, sur une échelle moindre, nous sommes capables de marquer notre destin et d’accomplir des choses pour le plus grand bien de notre entourage et de la communauté.

La condition masculine est trop importante pour être surtout  une revendication de garde d’enfants, une empoignade sur les pensions alimentaires ou des discussions oiseuses sur le féminisme outrancier. La condition masculine, ce n’est pas le masculinisme radical, outrageux et blessant et pour la femme et pour l’homme. La condition masculine doit inciter à une réflexion profonde et appropriée sur le quotidien des hommes dans notre société,  en ayant bien dans l’esprit que l’avenir de la femme, c’est l’homme et que l’avenir de l’homme, c’est la femme. Aucun débat ne sera donc possible si l’on maintient une dialectique de l’affrontement entre les sexes.

Oui, le tableau de la condition masculine est sombre, mais un certain espoir pointe à l’horizon. Les hommes de bonne volonté, ceux qui voudront s’affirmer dans une masculinité renouvelée, réussiront sans doute à bien identifier leurs besoins et à se tourner vers des solutions idoines. Des exigences seront toutefois incontournables : la nécessité de faire le point sur leur propre vie, de l’introspection, une prise de conscience de leurs difficultés et l’action salvatrice qui permet souvent de tourner la page et de s’engager dans la voie du renouveau.

 


 

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