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Publié par Homme culture & identité

Source : le blog suisse "Les Hommes Libres"

article publié le 17 février 2012

 

Note de H.C.I

Sans parler explicitement de la théorie du genre, cet article est une intéressante contribution qui va contre les excès du gender qui promet une version idéologisée (et politisée) de l'égalité hommes-femmes, une égalité qui se voudrait pure et parfaite et qui fait totalement fi des différences entre hommes et femmes.

 

Article

Les relations entre les hommes et les femmes est un sujet passionnant et probablement inépuisable. Il revient régulièrement sur le tapis. Les occasions n’y manquent pas. Pas plus tard qu’hier la TSR était épinglée par un blogueur qui trouvait que l’émission Tango est sexiste.

 

difference3.jpgPolitisation des relations femmes-hommes

Je reviens à ce thème d’autant plus que je suis cité nommément avec quelques imprécisions et lacunes. Beaucoup ici connaissent mes positions sur l’aspect politisé des relations hommes-femmes. J’aime les femmes en général et elles me le rendent bien. J’approuve le féminisme réformiste qui a balayé les restes du Code Napoléon, code qui avait mis les épouses sous la tutelle du mari. Mais je combats sans faiblesse le féminisme radical, ce que je nomme la Féminista ou les femrad, dont le but est de déconstruire les hommes, la famille et la société, et qui véhicule une image assez négative des femmes, éternelles victimes impuissantes. J’aurai très prochainement l’occasion d’y revenir plus longuement car peu de gens savent à quel point cette idéologie est corrosive. De plus je suis bien placé pour dénoncer les abus de cette machine à faire la guerre aux hommes.

La première chose intéressante dans le billet de Julien Cart est de lire que le mot: sexisme concerne uniquement la mise en cause de la gent féminine. Laisser entendre que le sexisme ne concerne que des victimes femmes est déjà significatif d’un biais idéologique. En effet le mot sexisme ne s’applique pas plus aux femmes qu’aux hommes. C’est un terme générique qui doit être précisé. Le sexisme contre les femmes est la misogynie. Celui contre les hommes est la misandrie. Il y a donc un abus de langage à parler d’émission sexiste en prétendant n’y voir qu’une attaque contre les femmes. Mais cet abus est significatif de l’empreinte culturelle du mot. Cette empreinte est en elle-même sexiste. Il est en effet sexiste de penser que seules les femmes peuvent être victimes et que forcément les hommes sont leur agresseurs. Le classique de la misandrie coutumière. C'est le résultat de la politisation des relations.


La peur de la différence
difference1.png
Le deuxième point est la grande peur de la différence. Différencier les sexes, selon les théoriciennes dont Julien Cart reproduit et reprend à son compte les théories, ce serait automatiquement, obligatoirement, développer l’inégalité et la subordination. Je ne sais pas comment on arrive à une telle affirmation, ni sur quoi elle est fondée. Les différences existent à tous les niveaux de la société et du vivant, sans automatiquement subordonner les uns aux autres. Les gens musculairement plus forts n’ont pas pour but de dominer automatiquement les plus chétifs, même si certains le font. Il n’y a pas d’automatisme. Il y a une question d’éducation et de caractère.

Il y a des différences dans les éducations, entre les cultures, entre les croyances. Il y a des différences biologiques. La reproduction sexuée de la plupart des espèces s’est construite sur la différenciation-spécialisation. Nier la différence par peur de la subordination c’est véhiculer une névrose victimaire. Rien de plus. Mais rien de moins.

J’ai participé à l’écriture du manifeste hoministe, comme le rappelle Julien Cart. Manifeste qui liste les besoins  des hommes et les injustices dont ils se sentent victimes. Ce manifeste prône l’égalité réciproque. Face à cela la Féminista, relayée par ce blogueur, pousse des cris effarouchés et aligne les procès d’intention: ces méchants messieurs voudraient revenir au bon vieux temps où l’homme des cavernes tirait la femme par les cheveux. En gros c’est ça. Vu la stupidité du cliché collé sur les hommes je me permets d’en rajouter! Au moins on peut en sourire. Car Julien Cart ne sourit pas: il est crispé de chez crispé. Pour lui on n’a même pas le droit de faire de l’humour sur les stéréotypes féminins et masculins. En rire ce serait insidieusement les propager et les valider. Cette crispation est un des symptômes de la névrose victimaire. Son remède idéal mais inefficace serait l’indifférenciation. La Féminista n’accepte pas que l’on pense différemment: avoir une autre analyse serait forcément être réactionnaire. Cela montre surtout l’incapacité du féminisme radical à fonctionner selon un mode démocratique. Il doit imposer sa version du réel plutôt qu’en débattre. Il faut dire que le féminisme radical n’ayant pas de fondement scientifique pour imposer ses vues, il se réfugie dans l’extrémisme idéologique.


different.jpgLa différence ne nuit pas à l’égalité

Ce n’est pas pour rien qu’une féministe Belge, Catherine François, présidente de SOS Viol Belgique, nomme ce genre d’idéologues des talibanes ou inquisitrices dans un article paru en 2003(1).

Soyons clairs: la différence ne signifie en aucun cas une subordination. Les deux choses sont à distinguer. C’est même très étrange que l’on puisse imaginer un lien automatique. Cela tient peut-être à l’histoire personnelle du blogueur. Accepter la différenciation c’est accepter le réel. La différence appelle à l’altérité, l’altérité appelle à la découverte et au respect mutuels. La non-différenciation est une régression culturelle fondée sur la peur. La différenciation est une évolution liée à une ouverture d’esprit et de coeur. D’ailleurs, à notre époque de globalisation, les différences se revendiquent de plus en plus: individuelle, régionales, nutritionnelles, etc.

Mais la différence peut-elle nuire à l’égalité? C’est ce que pense le blogueur. Ce qui laisse entendre que l’égalité serait la similarité et l’indifférenciation. Poursuivant son relais de l’idéologie femrad, il affirme que le genre a créé le sexe. Cette confusion intellectuelle est à la mode. A déconstruire rapidement! Le genre aurait donc créé la biologie? Formidable! Sauf que cela ne se démontre pas. Cela tient d’une vision essentialiste, presque créationniste, produite par une sorte de Créateur ayant décidé à l’avance de ce que seront l’homme et la femme. Personnellement je propose l’inverse: le genre est une représentation symbolique construite sur la différence sexuelle. Imaginer que le genre crée le sexe c’est supposer qu’une sorte de «pensée» a fixé la biologie. On est là dans un monde fermé à l’évolution. Je privilégie pour ma part un monde ouvert sur l’évolution.

L’égalité en valeur et en droit est la base culturelle et juridique de l’égalité. Vouloir plus cela devient un parti-pris idéologique et politique. Cette égalité en valeur et en droit peut très bien côtoyer des inégalités: biologiques, morphologiques, culturelles, intellectuelles. C’est même la force d’une société d’accepter et de valoriser les différences tout en créant le cadre pour que ces différences ne deviennent pas une subordination.

Il ne s’agit donc pas de nier les différences, ce qui est une position déconnectée du réel, mais de sortir du manichéisme, d'intégrer la complexité du vivant et d’apprendre à penser autrement. Comme disait Steve Jobs: «Think different.»


1. « Les féministes talibanes s'acharnent pourtant à castrer les hommes, les culpabiliser sur leur consommation de prostituée ou de pornographie en pénalisant ceux qui auraient recours à ce type de relation diabolique  : ces hommes qui sont nos maris, nos pères, nos frères, nos fils et nos amis. Cette position féministe sous des auspices sécuritaires et austères rappelle une certaine répression et censure des pratiques sexuelles ». Catherine François in « Lettre ouverte aux inquisitrices, aux moralisatrices et fossoyeuses des libertés », 2003, sur son site.

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