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Publié par Homme culture & identité

Par Sophie Roquelle publié le 20/08/2011 par lefigaro.fr
Si les cerveaux des garçons et des filles ne sont pas identiques au départ, il existe peu de preuves scientifiques, de ces différences entre les sexes. (Crédits photo: Getty images)
Si les cerveaux des garçons et des filles ne sont pas identiques au départ, il existe peu de preuves scientifiques, de ces différences entre les sexes. (Crédits photo: Getty images)

De la taille du cerveau à la bosse des maths en passant par le choix des jouets, le livre d'une scientifique américaine revisite le vieux débat sur l'inné et l'acquis à la lumière des dernières avancées de la neurobiologie. Ou comment quelques différences à la naissance deviennent de grands écarts.

On sait depuis vingt ans que «les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus», pour reprendre le titre d'un célèbre best-seller américain (1). Mais sait-on seulement ce qui les rend si différents? Le cerveau est-il programmé à la naissance pour que les hommes ne pleurent pas, soient bons en sciences et aiment se battre? Et pour que les femmes expriment leurs sentiments, maîtrisent leur agressivité ou soient nulles aux échecs? Oui et non, répond l'Américaine Lise Eliot, médecin neurobiologiste, qui passe en revue les tout derniers travaux scientifiques sur la question dans Cerveau rose, cerveau bleu. Les neurones ont-ils un sexe?, publié ces jours-ci en France et dont nous vous proposons des extraits en exclusivité. Une enquête complète, toute en nuances et sans a priori, au terme de laquelle ce médecin -également mère d'une fille et de deux garçons- avoue avoir eu quelques surprises. Comme celle de constater que si les cerveaux des garçons et des filles ne sont pas identiques au départ, il existe peu de «preuves sérieuses», c'est-à-dire scientifiques, de ces différences entre les sexes. Elle reconnaît aussi le rôle capital que l'imprégnation d'hormone mâle lors de la grossesse joue ensuite sur le comportement des petits garçons, et donc des homme

Au passage, Lise Eliot bat en brèche certaines théories farfelues, notamment celle affirmant en 1982 que le «corps calleux» du cerveau serait plus développé chez les femmes que chez les hommes. Un non-sens censé expliquer l'intuition féminine! «Garçons et filles sont bel et bien différents par certains aspects, mais ils sont fondamentalement similaires», note le médecin, qui distille ses conseils pour lutter contre les stéréotypes en matière d'éducation.

Stéréotypes

Bref, Cerveau rose, cerveau bleu revisite le bon vieux débat sur l'inné et l'acquis, le biologique et le social, la nature et la culture. Sa publication aux Etats-Unis a été accueillie avec soulagement par les féministes, dont les mouvements connaissent un essoufflement certain outre-Atlantique. En France, le livre sort en pleine polémique sur l'introduction de la «théorie du genre» dans les manuels scolaires. Mais il décevra ceux qui y chercheront la preuve que l'orientation sexuelle est autant le produit de l'éducation que du sexe de naissance. Ce n'est pas le sujet du Dr Eliot. Cerveau rose, cerveau bleu est avant tout un livre passionnant sur l'éducation des enfants, sur l'attitude des parents à l'égard de leur progéniture et sur les préjugés concernant les deux sexes. Certains clichés méritent d'être révisés: alors que les filles ont largement rattrapé leur retard en sciences, les garçons sont aujourd'hui les premières victimes des stéréotypes en matière d'éducation, notamment à l'école, où ils échouent désormais plus souvent que les filles. Et ce, aux Etats-Unis comme chez nous. Au point qu'en France, le pédopsychiatre Stéphane Clerget tire la sonnette d'alarme: «L'école n'est plus adaptée aux garçons», déplore-t-il. La faute à un corps enseignant presque exclusivement féminin dans le primaire et aussi au collège dans une certaine mesure, explique ce spécialiste, qui prône une véritable «parité dans le personnel de l'Education nationale». En d'autres termes, et pour reprendre le titre d'un autre best-seller américain, les femmes ont appris à lire une carte routière, il faut maintenant enseigner aux hommes à écouter! (2)

 

(1) Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, de John Gray, 1992.

(2) Pourquoi les hommes n'écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières, de Barbara et Allan Pease, 2006

 

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/08/20/01008-20110820ARTFIG00003-garcons-filles-pourquoi-sont-ils-si-differents.php

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