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Publié par Homme Culture & Identité

 

Ces lignes (visionnaires ?) constituent la fin du livre écrit par Elisabeth Badinter en janvier 1994 : XY De l'identité masculine.

 

 

Il est temps de dire à nos fils que Terminator, loin d'être un surhomme, en est une parodie misérable. Il est surtout grand temps de faire l'éloge des vertus masculines qui ne s'acquièrent ni passivement, ni facilement, mais se disent en termes d'efforts et d'exigences. Elles s'appellent maîtrise de soi, volonté de se surpasser, goût du risque et du défi, résistance à l'oppression... Elles sont les conditions de la création, mais aussi de la dignité. Elles appartiennent à tout être humain au même titre que les vertus féminines. Loin d'être incompatibles, elles sont indissociables pour prétendre au titre d'humain. Bien qu'une tradition millénaire les ait opposées en les attribuant à l'un ou l'autre sexe, nous prenons peu à peu conscience que les unes sans les autres risquent de tourner au cauchemar : la maîtrise de soi peut devenir névrose, le goût du risque être suicidaire, la résistance se muer en agression. Inversement, les vertus féminines, tant célébrées de nos jours, peuvent, si elles ne sont pas tempérées par les vertus masculines, conduirent à la passivité et à la subordination.

Les femmes l'ont compris un peu avant les hommes et se réjouissent d'incarner cette humanité réconciliée. Mais elles ont tort de s'étonner du retard masculin à les rejoindre. Contrairement à la vieille histoire de la damnation d'Eve, Dieu s'est fait son complice. Non seulement il a enlevé il a ôté le pouvoir procréateur à Adam pour le donner à sa compagne, mais du même coup, il a accordé aux femmes le privilège de naître d'un ventre de même sexe. Il leur a ainsi épargné tout un travail de différenciation et d'opposition qui marque de façon indélébile le destin masculin. Le père/mère peut atténuer les douleurs de la séparation et faciliter l'acquisition de l'identité masculine, il ne pourra jamais annuler les effets de la fusion originaire. Tant que les femmes accoucheront des hommes, et que XY se développera au sein de XX, il sera toujours un peu plus long et un peu plus difficile de faire un homme qu'une femme. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer l'hypothèse inverse : si les femmes naissaient d'un ventre masculin, qu'en serait-il du destin féminin ?


Quand les hommes prirent conscience de ce désavantage naturel, ils créèrent un palliatif culturel de grande envergure : le système patriarcal. Aujourd'hui, contraints de dire adieu au patriarche, ils doivent réinventer le père et la virilité qui s'ensuit. Les femmes, qui observent ces mutants avec tendresse, retiennent leur souffle....
 

 

Commentaire H.C.I : nous sommes aujourd'hui 18 années après la publication de ces lignes. La génération des enfants de mai 1968 a aujourd'hui environ 40 ans. Autrement dit cette génération, et celles qui suivent, qui ont été marquées par un relatif désinvestissement maternel et une relative plus grande présence paternelle est-elle en mesure d'apporter pour les temps qui viennent un nouvel équilibre dans les relations entre les hommes et les femmes, et dans les rôles parentaux ? Derrière l'éclatement des couples avec l'augmentation des divorces peut-on espérer voir émerger une nouvelle génération soucieuse de construire sur des bases plus solides ?

 

 

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Henri GIBAUD 22/07/2013 09:01

Pour la Culture et contre la Naïveté.
Ce bouquin de Elisabeth née Bleustein-Blanchet épouse Badinter a été publiée par Odile fille du prix nobel Jacob en 1992 et non pas en 1994.
A telle enseigne que c'est le n° du 27 août 1992 du "nouvel observateur" qui sous la signature de Elisabeth Schemla (passée ultérieurement à L'Express) en fit la promotion en caractères gras (page
6) ;
"Qu'est-ce qu'un homme, aujourd'hui ?".
C'est dire si les extraits choisis par l'autre Elisabeth représentaient au mieux les aveux "de gauche" voulus par la première Elisabeth...
En effet ce texte truffé de divagations pseudo-psychanalytiques biaisant la sociologie et les catégories anthropologiques avait comme principale vocation un succès commercial : n'importe quoi peut
y trouver une pitance.
En l'occurrence un "paterniste naïf" peut s'y croire rassuré mais voici ce que Mmes Schemla et Badinter préférèrent mettre en exergue dans l'hebdo de gauche :
(citation)
"
En vérité, pas de bonne paternité possible sans l'acceptation de son homosexualité latente, et un soupçon de pédophilie ! Il est temps de reconnaître au père ce que l'on accorde à la mère depuis
toujours...".
Et Mme Schemla , plus bas, d'enfoncer le clou de la sorte :
"
On veut bien admettre que c'est la peur de l'X, en eux, qui conduit la plupart des hommes à être des pères désastreux, durs ou violents, incarnation rigide de la loi ou tout simplement absents
[...]
"
Le revirement tardif de dame Badinter n'est nullement motivé par un respect du père ordinaire.
Comme la dame Agacinski-Jospin (qui eut des enfants du géniteur Derrida irresponsable par "philosophie anti-père"), c'est seulement le spectre de "l'utérus d'œuvre" cher à Bergé qui les affole... :
il s'agit d'un post-féminisme absolument pas motivé par une renonciation volontaire à l'hégémonie utérine, tout au contraire !

doineau 24/03/2013 21:44

toute chose a sa contrepartie. le patriarcat a la sienne, le matriarcat. mon grand père était peut-être maître de sa famille aux yeux des autres mais il ne l'était pas chez lui dans la réalité.
régnait sur la maisonnée sa femme et lui sur rien en fait, pas même sur sa propre existence faite de labeur pour nourrir femme et enfants. les patriarches n'étaient pas des maîtres mais des
esclaves qui s'ignoraient. en accédant à l'autonomie par le travail, les femmes ont libéré les hommes de leur obligation de les prendre en charge depuis le mariage jusqu'au cercueil. elles y ont
gagné l'indépendance, les hommes aussi. les jeunes générations peuvent dire merci pour tout cela et prier pour que jamais ne revienne cette organisation des choses qui ne faisait visiblement le
bonheur de personne, qui est dépassée à tout le moins.

Léonidas Durandal 09/11/2012 19:47

Il y a une erreur de Mme Badinter : les hommes prennent position dans la famille la première fois qu'ils prennent conscience de leur rôle dans la procréation, et non en constatant leur désavantage
en terme de procréation. Ce désavantage, ils l'ont toujours constaté et seule une prise de conscience de leur rôle dans la fécondation leur a permis de rétablir une forme d'équilibre. Je
n'appellerais pas cela un patriarcat tant ce qui a précédé a dû prendre la forme d'une gynarchie.
Aujourd'hui ce fragile équilibre est détruit et la gynarchie revient dans notre monde grâce aux familles "modernes", familles d'où le rôle symbolique des hommes est consciencieusement attaqué
(comme dans l'éducation nationale par un jeu de miroir).
Les moyens technologiques sont donc en train de nous faire revenir à une situation antérieure, d'où la complémentarité était absente, et où il fallait rendre un culte à la mère dans toute la
société. Ainsi, la compréhension de notre rôle dans la procréation qui fut vécue comme un progrès immense pour l'humanité en instituant la complémentarité, est en train d'être détruite, et ce, en
quelques années. Les femmes ne retiennent pas leur souffle dans ce cadre. Beaucoup attendaient depuis longtemps de récupérer leurs prérogatives. Elles ont naturellement en elles, ce sentiment de
domination. La maternité est l'instrument ultime d'une domination dès l'enfance. Et par le passé, seule une répression féroce de ce pouvoir maternel, nous a permis de prendre une petite place dans
nos familles et une grande dans la société. Ce serait bien naïf de croire que les femmes attenderaient d'être dominées et qu'elles ne préféreront pas continuer dans une forme d'irresponsabilité que
nous leur permettons. Le maître est irresponsable. L'esclave sue sang et eau pour le maintenir dans son illusion. Les femmes ont retenu leur souffle et les hommes se sont étouffés, preuve s'il en
était, qu'il n'y a jamais eu de domination masculine, mais qu'il a suffi, d'un simple souffle pour annihiler toute forme de masculinité dans notre société. L'identité masculine n'est pas à
réinventer contrairement à ce que nous vend Mme Badinter, sinon elle serait modelée par les femmes. L'identité masculine est naturelle. Et la culture qui en découle est endormie en chaque homme,
quelqu'il soit, malgré les manipulations de nos mères et des femmes qui nous éduquent.