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Publié par Homme Culture & Identité

 

A une époque où l'identité masculine paraît vacillante, noyée dans l'uniformisation générale, réduite à des faits biologiques ou à des concepts psychanalytiques, Jacqueline Kelen ose s'interroger sur l'éternel masculin.

Un éternel masculin nourri de mythes héroiques, de chevaliers et de troubadours, d'enchanteurs et d'esthètes, d'hommes sauvages, d'hommes de coeur et de courage, de séducteurs défiant Dieu, de "ravis", de fous et de rois magnifiques.

un livre somptueusement écrit, avec force et poésie, stimulant pour tout homme conscient de son devoir d'homme et source de désir pour toutes les femmes ; car elles rêvent de ces êtres mythiques ou, comme l'écrit l'auteur, de cet homme chimérique qui seul donne envie parce qu'il appelle au large et à l'imprévisible.

Un livre de grande culture, traversé par plus de soixante-dix mythes masculins, dont Jacqueline Kelen propose une nouvelle lecture, parfois surprenante et toujours passionnée.

 

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Le guerrier et le soldat -


Le guerrier n'est pas une figure violente mais un exemple de fougue et de courage. Il ne tremble pas devant le danger, il ne cherche pas à rester indemne. Il affronte, et il paie de sa personne. Rien de commun avec le personnage du soldat qui est un instrument, n'a pas de responsabilité propre et en principe a pour tâche de tuer. Ce qui caractérise le guerrier à travers toutes les civilisations traditionnelles - des Grecs antiques aux samourais, en passant par les Vikings et les chevaliers aztèques -, c'est non la soif de verser le sang et de détruire mais le désir de mesurer ses forces, d'accomplir des exploits, de défier la mort. Ainsi, à leur première rencontre, Gilgamesh et Enkidu s'affrontent à mains nues. Ayant chacun expérimenté la vaillance de l'autre et sa vigueur physique, ils arrêtent la lutte et scellent leur amitié. De la même façon, au chant VII de L'Illiade, les champions ennemis Hector et Ajax se livrent un combat singulier qui dure des heures jusqu'à l'arrivée de la nuit. Les adversaires font preuve de qualités égales dans le maniement des armes, l'audace et l'ardeur. Le soir tombe, incitant à la trêve. Hector et Ajax se saluent, ils échangent des cadeaux précieux puis retournent joyeux dans leurs camps respectifs. "Tous deux se sont battus pour la querelle qui dévore les coeurs et se sont séparés après avoir formé un amical accord." En observant le comportment des samourais, on remarque qu'ils sont entièrement dévoués à leur seigneur mais n'ont aucun goût pour le massacre. S'ils tuent, c'est par devoir, non par plaisir. Beaucoup de samourais deviennent ensuite moines bouddhistes et dans leur retraite ils prient pour l'expiation des morts qu'ils ont causées... Enfin, dernier exemple puisé chez les nordiques guerriers de la mer, qui ne doivent pas s'acharner sur le vaincu. Ainsi énonce le code Viking, d'après La Saga de Frithjof du Suédois Tegnér : "Le vaisseau d'un autre Viking est en vue. Lutte et bataille ! Il fait chaud sous les boucliers. Si tu recules d'un pas, tu es chassé loin de nous. C'est la loi. Es-tu vainqueur, c'est assez ! Celui qui demande la paix n'a point de glaive ; il n'est ton ennemi. La prière est la fille de Walhalla. Ecoutez la pâle prière. Il est lâche celui qui dit non."

On le voit, chez le guerrier le combat est toujours loyal. Le soldat, le fanatique, le tueur ne sont pas des figures dévoyées du guerrier mais des figures opposées : ils représentent la force brutale, la violence aveugle, la domination par les armes là où le guerrier incarne la maîtrise de soi et la force d'âme.

 

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Le héros et la femme

 

Caresse ou incendie, la rencontre du héros avec la femme a toujours pour sens de le pousser au bout de lui-même, de l'entraîner vers sa profondeur et lui faire toucher le ciel.

 

La virilité, c'est aussi ne pas faillir à son destin, ne pas esquiver les grandes rencontres, les grandes épreuves. De même qu'il n'y a pas de virilité sans vertu, il n'y a pas de héros sans éros.

 

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Le guerrier, le soldat et l'artiste


A partir du moment - cela a commencé au XVIIIe siècle - où l'on a dénié au guerrier la culture, le goût du chant et de la poésie, on a fait de lui un homme violent, un soldat destiné à tuer ; et en séparant l'ardeur guerrière de la sensibilité, on a fait de l'artiste un être raffiné, certes, mais quelque peu efféminé, sans vigueur. Désormais les catégories sont là, antagonistes : le militaire brutal ou grossier mais actif et le poète élégant, tendre, mais exempt de courage. Et pourtant, à fréquenter les mythes et les glorieuses figures de l'histoire, on se rend bien compte qu'une même énergie, une même splendeur aussi, circule de la prouesse à la poésie et à l'amour, dont le centre se trouve dans le coeur-courage. Avec fougue et ferveur, le héros s'adonne au combat et à l'amour, aux armes et aux lettres ; la musique, la femme, le compagnon d'armes exaltent son énergie.

 

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Qui ne sait affronter ne peut valablement aimer. C'est agaçant d'entendre répéter à propos des hommes contemporains qu'ils "ne savent pas aimer" ou qu'ils "ont peur d'aimer" - et de ressasser le domaine sentimental... Ce qui est cause ce n'est pas le sentiment, c'est le courage : ils "ne savent pas aimer" parce qu'ils sont lâches. Un héros guerrier peut ne pas tomber amoureux, en revanche un homme lâche fuira toujours devant l'amour. Comme dans le pari de Pascal, mieux vaut miser sur le guerrier : avec lui, la femme a au moins une chance.

 

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Ceux qui frémissent en entendant le mot de "guerrier" ne sont pas de doux agneaux mais des gens qui ont perdu contact avec leur virtù, qui ont peur de s'impliquer et qui délèguent à d'autres la parole ou le geste courageux. Non seulement ils ont peur d'aller au combat mais ils retiennent quiconque de faire acte de vaillance ou de responsabilité. Ce ne sont certes pas des criminels, c'est la masse sombre et indécise des pleutres et des prudents, tous ceux qui crient au héros : "C'est dangereux, n'y va pas !" C'est Sancho essayant de modérer Don Quichotte ; c'est la possessive tendresse maternelle qui cache sous ses jupes le fils chéri, car il pourrait avoir mal ; c'est la femme qui par besoin de sécurité coupe les ailes de l'homme nomade ;

 

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Quand de nos jours on entend tant d'hommes effrayés s'écarter des femmes en disant : "elles veulent tout !..." on mesure la perte de leur autonomie et de leur exigence : comme si les hommes n'avaient pas envie d'être grand pour eux-mêmes, au lieu d'obéir à l'injonction des femmes ; et comme si le fait de vouloir tout, de rechercher la perfection était un crime abominable.
Car les femmes font partie du chemin du héros, elles l'accompagnent comme guides ou tentations, fées ou sorcières. Elles sont sans doute l'air du voyage. Et l'homme au cœur aventureux sait que la forêt, la mer, la lande et la nuit qu'il traverse offre le prodige en même temps que l'épreuve, la merveille avec la diablerie.

 

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Pour finir ces sitations du livre de Jacqueline KELEN, redisons-le :

 

Caresse ou incendie, la rencontre du héros avec la femme a toujours pour sens de le pousser au bout de lui-même, de l'entraîner vers sa profondeur et lui faire toucher le ciel.

 

 

 

source : http://www.babelio.com/livres/Kelen-Leternel-masculin/225099

 

 

 

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