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Publié par Homme Culture & Identité

Note de H.C.I : une fois lu cet article paru en 2010 dans le magazine français L'EXPANSION, on est en droit de se demander si c'est véritablement l'égalité que recherchent les féministes ou bien plus tôt un renversement de l'histoire, autrement dit le contraire de la domination masculine à savoir la domination féminine. Point d'égalité, ni de parité qui ne seraient que des slogans en trompe l'oeil, mais une révolution. Gageons que là réside le talon d'achille du féminisme : ne pas révéler son véritable projet. Peut-on construire un projet politique viable sur un mensonge ? Doit-on adhérer à l'idée de percevoir les rapports entre les hommes et les femmes comme des rapports de domination, ou ne devrait-on pas plus rechercher à mettre en avant leur complémentarité sans tomber pour autant dans un naturalisme d'un autre temps ?

 

L'ère des femmes

Elles étudient, travaillent, consomment et, malgré les résistances, s'imposent aux sommets. "L'Expansion" raconte cette révolution tranquille, sur fond de déclin de l'empire masculin.

Dans le supérieur, les filles représentent 56 % des étudiants et sont largement majoritaires en médecine ou en pharmacie.

La femme est-elle l'avenir du manager ? Et la domination masculine est-elle entrée dans son crépuscule ? "Les femmes ont pris le pouvoir dans mon entreprise, comment vais-je survivre ?" écrit au Financial Times un responsable d'une des 500 grandes sociétés classées par Fortune. Le malheureux explique que, depuis qu'une femme est devenue sa patronne, six de ses principaux collaborateurs sont des collaboratrices, et qu'il a lui-même l'impression de perdre pied. Ce n'est sans doute pas un hasard si le mensuel américain Atlantic Monthly a consacré un numéro spécial à "La fin des hommes", et si la très sérieuse revue Foreign Policy a titré sur "La mort du macho", s'inquiétant des conséquences géopolitiques des nouvelles angoisses masculines.

De fait, sans faire beaucoup de bruit - et d'autant moins en France que les pesanteurs y sont plus lourdes -, une révolution globale s'accomplit, qui voit non seulement l'avènement d'un pouvoir féminin, mais aussi, plus mystérieusement, et sans que les deux phénomènes soient toujours liés, un effondrement des garçons. Le renversement est manifeste à l'école depuis plusieurs années. L'échec scolaire est d'abord masculin. Et l'onde de choc commence à se faire sentir partout : économie, politique et entreprises.

 

L'ère des femmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis vingt-cinq ans, la proportion des femmes dans la population étudiante française n'a cessé de croître, au point qu'elles sont aujourd'hui majoritaires.

Ce renversement du monde a été accéléré depuis 2007 par la crise économique, qui a frappé les hommes plus que les femmes. Outre-Atlantique, les chasseurs de tendance ont même trouvé un nom pour qualifier la période actuelle : la Men-recession. Sur les 11 millions de jobs détruits aux Etats-Unis depuis 2007, les deux tiers concernent des postes occupés par des hommes. En France, depuis le début de l'année 2008, le chômage masculin a progressé deux fois plus vite que celui des femmes. Le phénomène devient structurel, et Larry Summers, ancien conseiller de Barack Obama, prévoit que dans cinq ans un homme âgé de 25 à 54 ans sur six sera encore sans emploi.

 

L'échec scolaire a un sexe : masculin

Du coup, de plus en plus de femmes font bouillir la marmite. Dans un quart des ménages américains, l'épouse gagne plus que son conjoint. Et les papas poules qui s'épanouissent à la maison en élevant leurs enfants ne sont plus des oiseaux rares. Au Canada, leur nombre a été multiplié par trois en trente ans. "L'archétype du héros guerrier est en perte de vitesse", témoigne Thierry Chavel, professeur à l'université Paris II et enseignant à HEC. Au niveau mondial, les femmes devraient engranger des revenus qui atteindront 18 000 milliards de dollars en 2014, contre 13 000 milliards aujourd'hui, soit trois fois le produit intérieur brut de la Chine et de l'Inde réunies, d'après les calculs de Michael Silverstein et de Kate Sayre, deux économistes du Boston Consulting Group. Des chiffres qui leur font dire que "la femme est le plus prometteur des marchés émergents".

 

L'ère des femmes

 

Outre-Atlantique, depuis le début des années 2000, le niveau scolaire des femmes a dépassé celui des hommes, et l'écart s'est creusé.

Evidemment, les inégalités de salaire persistent, et les femmes forment le gros des bataillons de travailleurs pauvres. "En France, 80 % des emplois à temps partiel sont détenus par des femmes", relève Margaret Maruani, sociologue et directrice de recherche au CNRS. "Mais, pour un temps plein et en début de carrière, les écarts de rémunération disparaissent", affirme Alice Mainguené, chercheuse à l'Insee. Ils commencent même à s'inverser dans certains pays. Aux Etats-Unis, les femmes célibataires, sans enfant et âgées de moins de 30 ans gagnent en moyenne 8 % de plus que les hommes, d'après une récente étude du Census Bureau. Avec un écart de 12 % à Los Angeles et de 17 % à New York ! Mais la suite de leur carrière dépendra encore des maternités. "En France, une année d'arrêt correspond à 11 % de salaire en moins", déplore Dominique Méda, sociologue et spécialiste du marché du travail.

 

L'ère des femmes

Outre-Atlantique, depuis le début des années 2000, le niveau scolaire des femmes a dépassé celui des hommes, et l'écart s'est creusé.

Mais la révolution silencieuse est en marche, et c'est sur les bancs de l'école et de l'université qu'elle s'enracine. Ou-tre-Atlantique, un essai au titre provocateur - Why Boys Fail (Pourquoi les garçons échouent) - de Richard Whitmire est un succès de librairie. Pour ce spécialiste de l'éducation, l'échec scolaire a un sexe, celui des hommes. En France aussi, le débat commence à monter, alors que les structures d'accueil d'enfants en difficulté scolaire regorgent de garçons. Des garçons de plus en plus attaqués sur leurs prés carrés : les sciences dures et les mathématiques. Lors des dernières Olympiades - l'ancien concours général -, en maths et en chimie, huit lauréats sur dix étaient des filles. Dans le supérieur, elles représentent 56 % des étudiants et sont largement majoritaires dans les facultés de médecine, de pharmacie, de chimie, d'agronomie, de droit, dans les écoles vétérinaires, de journalisme, d'architecture et de commerce. A l'Essec, dans les masters spécialisés qui comportent une part importante d'ingénieurs, la proportion de femmes est passée de 36 à 42 % entre 2005 et 2010. Aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, au Brésil ou dans les Emirats arabes unis, la majorité des étudiants d'universités sont des filles. En Russie, 86 % des jeunes femmes poursuivent des études supérieures.

 

L'hyperconcurrence va profiter aux diplômées

Certes, les grincheux objecteront que l'élévation du niveau moyen de formation des femmes au cours des vingt dernières années ne leur a pas ouvert les portes des conseils d'administration. En 2010, elles n'occupent encore que 15 % des sièges dans les boards des entreprises du CAC 40, en hausse de 7 points depuis 2007, d'après McKinsey. Mais un tsunami va changer les équilibres dans les prochaines décennies : le vieillissement démographique. En Allemagne, la population en âge de travailler va chuter de 30 % d'ici à 2050, soit 16 millions de "travailleurs" en moins. Or les entreprises ont déjà du mal à recruter du personnel très qualifié, et la guerre pour attirer les meilleurs talents va s'accentuer. Face à la nécessité, le marché n'a pas de sexe.

 

L'ère des femmes

"Puissance émergente". Le revenu engrangé par les femmes au niveau mondial en 2014 devrait représenter trois fois le PIB de la Chine et de l'Inde réunies.

"Dans ce monde hyperconcurrentiel, où la bataille des cerveaux sera primordiale, les entreprises ne pourront continuer à laisser de côté 60 % des diplômés du supérieur, expliquent les économistes de la Deutsche Bank. Le rééquilibrage du pouvoir est d'autant plus inéluctable que ce sont les femmes qui sont à l'origine de la plupart des actes d'achat." Dans les pays développés, elles sont responsables de 80 % des dépenses en biens de consommation. En Asie, elles contrôlent 65 % des achats du foyer, voire les trois quarts en Chine, d'après une enquête de MasterCard. Au Japon, les deux tiers des décisions d'achat d'une voiture sont dictés par les épouses, et 80 % des clients préféreraient être conseillés par des femmes, alors qu'elles ne représentent que 10 % des forces de vente, révèle une étude de Nissan.

Angela Merkel en Allemagne, Dilma Rousseff au Brésil, les mamas grizzlies de Sarah Palin, Laurence Parisot et Emma Marcegaglia, patronnes des patrons en France et en Italie, Christine Lagarde, Cécile Duflot - classée trente-deuxième dans le top 100 des personnalités les plus influentes de la planète par la revue Foreign Policy : les exemples de femmes de pouvoir sont désormais légion. Il est loin, le temps où l'ancêtre de toutes les féministes, Olympe de Gouges, après avoir fièrement lancé, en 1791, que si "la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune", était guillotinée sur décision d'une assemblée d'hommes.

 

Les Chinoises prennent leur revanche

Sur les 1 000 milliardaires recensés cette année par le magazine Forbes, on ne compte encore que 14 femmes. Mais la moitié d'entre elles sont chinoises ! Dans ce pays où, il y a un siècle, les femmes étaient sans doute parmi les plus maltraitées du monde - il suffit de se souvenir de leurs pieds "bandés" qui les empêchaient presque de marcher -, leur émancipation est spectaculaire. Le maoïsme y a contribué par son communisme égalisateur - "Les femmes portent la moitié du ciel", disait Mao, qui, à ce titre, leur a quand même fait endurer, à égalité avec les hommes, ses folies meurtrières.

Après des années de politique de l'enfant unique, les jeunes filles chinoises réussissent mieux à l'école que les garçons, trop choyés par des parents en adoration devant leur "petit prince" (on compte encore 119 garçons pour 100 naissances de filles). En conséquence, 76 % d'entre elles disent aspirer à des postes de dirigeantes d'entreprise (alors qu'elles ne sont que 52 % aux Etats-Unis), et elles sont déjà à la tête de 67 % des services publics nationaux.

 

Par Béatrice Mathieu et Bernard Poulet - publié le 17/12/2010

source : http://lexpansion.lexpress.fr/economie/l-ere-des-femmes_245297.html

 

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