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Publié par Homme Culture & Identité

Note de H.C.I : John GOETLEN est un esprit indépendant (peut être est-ce parce qu'il est suisse) qui s'insurge avec des arguments probants contre les abus de ce qu'il appelle la FEMINISTA, autrement dit la forte influence des féministes radicales, marxisantes, qui veulent dépeindre les relations hommes/femmes dans une relation dominants/dominées. Vous trouverez dans cet article, qui fait parti d'une série d'articles publié sur Médiapart, des éléments d'analyses forts intéressants.

 

Si ce n’est toi (3): le bovarysme de la femme bourgeoise

Pourquoi développer un discours critique sur le féminisme radical alors que de nombreux éléments semblent lui donner raison? La mise en dépendance des femmes par Napoléon 1er était bien réelle. L’homme chef de famille, la femme ne pouvant travailler qu’avec l’accord de son mari, c’était la loi.

 

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Le bovarysme de la femme bourgeoise

Les premières femmes qui ont conduit des voitures ont dû vaincre des préjugés. Elles n’ont eu le droit de vote que vers le milieu du XXe siècle (mais les hommes environ 50 ans plus tôt seulement, on l'oublie souvent). Alors le féminisme ne serait-il pas justifié?

Il faut préciser que la période généralement citée en référence est le XIXe siècle. Dès la Renaissance le statut de la femme a été dénigré. Etait-ce la conséquence d’une forte militarisation du monde médiéval, où la prédominance du masculin guerrier s’est affirmée, au détriment du féminin? Il y a comme un cycle, une balance entre le féminin et le masculin. Si le XVIIe siècle a vu un retour en force du féminin par le libertinage assumé, une certaine liberté sexuelle des femmes comme des hommes, une féminisation des hommes (perruques, poudre, mode vestimentaire), le XVIIIe et surtout le XIXe siècle ont produit une culture dévalorisante pour les femmes.

Pas toutes les femmes cependant: essentiellement celles de la bourgeoisie. Car dans les campagnes les paysannes restaient des femmes puissantes, gérant l’argent du ménage et oeuvrant à l’exploitation familiale. Vincent Rautureau a décrit la vie des femmes au XVIIIe siècle dans la petite ville de Châteaubriant en Loire-Atlantique, à partir de documents judiciaires qui racontent la vie des gens.

On sait que sous le code Napoléon, « Le mari administre les biens du ménage, mais aussi les biens propres de sa femme. Mais les faits sont plus nuancés : un menuisier déclare aux juges de Châteaubriant qu’il a refusé de vendre un chaudron parce que c’était sa femme qui en aurait hérité et qu’elle luy eut chanté pouille. Perrine Gueslard, dite « La belle Marion », épouse d’un fendeur de Châteaubriant, se vante auprès d’une cabaretière que « son mari la battoit quelques fois, mais qu’elle étoit toujours la maîtresse, parce qu’elle gagnoit plus que lui ». La Belle Marion, qui pratiquait le faux-saunage, persiste devant les juges en déclarant qu’elle lui en cachait une partie car il aimait boire. Ainsi, même s’il y a des rapports violents entre époux, la domination dans un couple n’est pas forcément physique, elle peut être économique et à l’avantage de l’épouse, commente Vincent Rautureau.


Ainsi le modèle de femme contre lequel le féminisme s’est battu est bien plus celui de la femme bourgeoise, dont le bovarysme a été généralisé abusivement à toutes les femmes: le mari ne s'occupe pas assez d'elles, elles ne sont pas écoutées, ne servent à rien et n’ont aucun pouvoir. Au mieux elles sont représentatives de la richesse du mari. Cela c’était le petit pourcentage de femmes de la classe bourgeoise dominante.

Mais si ce modèle de femme est minoritaire, à quoi peut alors servir la généralisation du concept de domination masculine et l'extension à toutes les femmes de la stratégie de victimisation ?

 

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La domination masculine: un stéréotype et un cheval de Troie

Le stéréotype de la domination masculine est construit sur le mythe de femmes silencieuses, soumises au chef de famille, servantes de l'homme, incapables de tenir tête, ne gérant rien mais attendant la décision de l’homme, exclues de la vie. Généralisation abusive. Le concept de chef de famille correspondait à un mode de vie où il n’y avait qu’un seul représentant de clan ou de groupe social. C’est ce même modèle qui a fait de Lénine, pur produit de la classe bourgeoise, le chef unique d’une révolution détournée. Ce système familial supposait des devoirs. Dans les campagnes, et en partie dans la bourgeoisie, les hommes n’agissaient pas pour la seule satisfaction de leur ego ou de leur désirs personnels. Certains, oui. Combien? La fonction de chef de famille, qui représentait juridiquement la communauté familiale, impliquait des obligations vis-à-vis de l’épouse et des enfants, ainsi qu’une capacité d’écoute et de décision tenant compte de l’ensemble des besoins et désirs. D'ailleurs les femmes tenant en majorité les cordons de la bourse, l'homme ne pouvait tout décider tout seul. Interpréter cette fonction comme une domination et une rélégation des femmes est abusif. Aussi abusif que de dire que la maison, la cuisine et les enfants étaient les lieux d'un esclavage assigné aux femmes par les hommes en général. Toujours selon Rautureau:

« De même les épouses d’artisans ont une part active et parfois même l’initiative, dans les querelles concurrentielles et dans le choix des compagnons. Des paysannes ont aussi leur mot à dire, quant à la gestion des biens et du pécule de l’exploitation. L’épouse d’un laboureur sait exactement la somme d’argent que son mari a empotée avec lui au marché. Les femmes sont chargées d’acheter les victuailles, les vêtements et la volaille au marché de Châteaubriant.

Il existe une répartition des espaces et des tâches selon les sexes : la maison est le domaine des femmes, le dehors celui des hommes. Les femmes détiennent dans leurs poches les clefs des coffres et des marchepieds. Elles préparent les repas et parfois les portent aux champs pour les travailleurs. Sans elles. les hommes seraient littéralement perdus au foyer.

Le mari étant souvent à l’extérieur, l’épouse accueille les visiteurs et sauvegarde la maison. A sa porte. elle coud, elle répond aux questions des étrangers ou des voisins et parfois leur donne à boire. C’est très souvent elle qui prend seule la décision d’offrir le gîte et le couvert aux vagabonds. Plusieurs fois, nous assistons à la même scène. Le soir, le mari rentre chez lui et découvre un vagabond à sa table, une famille errante dans sa grange ou un blessé dans un lit. que son épouse a décidé d’héberger par charité.


Le domaine de l’épouse s’étend aux alentours de sa maison. C’est pourquoi elle a une part très active dans les querelles de voisinage. Le lavoir est un espace spécifiquement féminin. où les femmes bavardent. médisent et parfois se battent. Au bourg de Juigné, l’épouse d’un laboureur reproche à ses voisins leur mauvaise utilisation de son four à pain. en présence du mari passif. Les femmes sont aussi les protagonistes des querelles autour des puits et fontaines. »


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Voilà qui rétablit un peu la vérité historique. Mais pour éviter tout procès d’intention contre les hommes, et parce que les femmes ont eu envie de changer l’ancienne organisation sociale, il était souhaitable que cette notion juridique du chef de famille soit abandonnée dans la perspective d'une organisation différente des rapports de couple. Il n’y a pas de défaite dans cet abandon.

Mais ce changement ne devrait pas s’appuyer sur une image déformée du passé ni sur une criminalisation des hommes et une déconstruction de la virilité. Si l’on regarde la société européenne on est loin de l’image du dominant-patron-bourreau-violent avec laquelle la Féminista contamine les esprit. Cette image est un cheval de Troie dont on se sert pour marxiser la société. Pierre Bourdieu, théoricien de la domination masculine, était sociologue et marxisant (peut-être est-ce un pléonasme). Il a collé sur le couple l'idéologie marxiste. Puis l’économie consumériste a modifié les rôles et l’organisation de la société (les féministes doivent beaucoup au libéralisme économique et politique). Mais l’égalitarisme forcené est une attaque contre le libéralisme, contre la différence, et au final contre les hommes accusés en permanence d’être les oppresseurs universels. Déconstruire le masculin c’est lutter contre le patron et déconstruire le pouvoir. On assiste à un coup d’Etat marxiste à froid. Malheureusement la virulence de la Féminista ne propose aucune réelle alternative comportementale. On y trouve la même violence que celle qui est dénoncée. Et la violence féminine, déjà cause de 30% à 50% de la violence conjugale, ne fait qu’augmenter.

Il ne s’agit pas ici ni d’en faire une généralité - la majorité des femmes ne sont pas actrices de cette violence - ni de nier la violence d’hommes - qui eux aussi sont dans leur majorité peu violents. Il s’agit de s’opposer à la généralisation d’un stéréotype générateur de violence morale et de paranoïa sociale et juridique.

Combien d'hommes se reconnaissent dans la description du dominant esclavagiste véhiculée par par la Féminista ?


A suivre.

 

source : Médiapart

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