Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Homme Culture & Identité

Note de H.C.I : nul doute que ce rapport et cet article peuvent éclairer les débats français sur la violence chez les deux sexes et la façon dont certains réseaux idéologiques (du genre) veulent tronquer les faits pour asseoir un féminisme victimaire dénoncé en son temps par Elisabeth Badinter (cf ouvrage Fausse Route).

 

 

Rien de tel, pour tenter d'anticiper l'évolution de notre société, que d'analyser les tendances des comportements et mentalités de nos jeunes.  Dans cette perspective, l’institut de la statistique du Québec nous offre des pistes d'enquête par le biais de sa nouvelle étude réalisée pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux, et menée auprès de 470 écoles secondaires publiques et privées du Québec, entre novembre 2010 et mai 2011.  Le rapport s'intitule L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 - Le visage des jeunes d'aujourd'hui : leur santé mentale et leur adaptation sociale.  

L'intimidation vise d'abord les gars.
S'agit-il d'un signe des temps ?  L'étude des comportements violents occupe une place importante dans ce document.  De façon générale, 37 % des élèves du secondaire reconnaissent avoir été victimes de violence, tandis que 38 % d'entre eux admettent en avoir déjà exercé soit en frappant, en se battant ou en menaçant. 
 
 
L'un des sujets d'intérêt de cette enquête réside dans l'approche sexuée de la violence entre jeunes, notamment par le biais de l'intimidation.  Contrairement aux prétentions d'un discours trop connu, les filles ne sont pas les premières victimes de ce fléau.  Sur 63 200 élèves interrogés, 42 % des garçons ont déclaré avoir été intimidés à l'école ou sur le chemin menant de l'école à la maison, en comparaison de 29 % des filles.  Connaissant la tendance naturelle de certains garçons à banaliser la violence subie afin de ne pas passer pour des mauviettes, et celle, inverse, chez certaines filles, à dramatiser des incidents anodins afin d'attirer l'attention, il ne serait pas impossible que l'écart entre les sexes quant aux sévices subis soit encore plus grand.

Alors que l'on pense spontanément, « sensibilisation » aidant, que la cyberintimidation est devenu un phénomène endémique, à peine 7 % des filles et 4 % des garçons ont affirmé en être victime.  Soulignons tout de même que la gent féminine reste la première cible de ce type d'agression.

Violence conjugale

L'enquête de l'Institut nous apprend que « le quart des élèves (25 %) ayant vécu une relation amoureuse au cours des 12 derniers mois ont infligé au moins une forme de violence (psychologique, physique ou sexuelle) à leur partenaire, alors que 30 % des jeunes ont subi au moins l’une de ces trois formes de violence de la part de leur partenaire. »  Cette information a été relayée abondamment dans les médias, contrairement à celle que je vais vous communiquer.

La différence entre les sexes quant à la violence conjugale est en effet si surprenante que je tiens à citer le texte même de l'étude :« La violence infligée dans les relations amoureuses au secondaire varie selon le sexe : 83 % des garçons déclarent ne pas en avoir infligé, par rapport à seulement 68% des filles (tableau 4.14). En s’attardant à la forme de violence, la proportion de filles ayant fait subir à l’autre de la violence psychologique (21 % c. 13 %) ou physique (19% c. 6%) est bien plus élevée que celle des garçons (tableau 4.13). En revanche, les garçons semblent infliger un peu plus de violence sexuelle que les filles (3,4% c. 2,0%). Par ailleurs, les filles sont, en proportion, plus nombreuses que les garçons (10% c. 4,1%) à déclarer avoir infligé deux ou trois formes de violence (tableau 4.14). (p. 99) »  Étonnant, n'est-ce pas ?

La violence conjugale n'a ni âge, ni sexe.
Pour des raisons toujours aussi mystérieuses, les médias sont demeurés pour le moins discrets sur ces données.  Même l'Institut de la statistique, dans son communiqué de presse, s'est gardé d'y faire allusion, préférant nous informer que « (...) près du quart des garçons (24 %) ont un niveau élevé d'estime de soi, comparativement à 15 % des filles.  De plus, davantage de filles que de garçons se situent à un niveau élevé de détresse psychologique (28 % c. 14 %). »  Pitié pour nos filles... 

On souligne tout de même que « (...) l’étude indique également que près du quart (24 %) des garçons du secondaire présentent un risque élevé de décrochage scolaire, comparativement à 16 % des filles. »  Mais cette donnée n'a rien d'un mystère, le décrochage au masculin demeurant une problématique apparemment insoluble depuis plus de deux décennies, peu importe le gouvernement au pouvoir.  Lors de la consultation bidon sur l'égalité homme femme du gouvernement québécois précédent, où seuls les groupes féministes étaient conviés, Christiane Pelchat, du Conseil du statut de la femme, s'était vivement opposée au financement de programmes en vue de prévenir le décrochage des garçons, alléguant qu'il s'agirait d'une dépense inutile...

À noter qu'à cette démission gouvernementale envers les garçons, s'ajoute un autre facteur d'importance : « La conclusion principale de ces analyses est que les filles disent bénéficier d’un niveau plus élevé de soutien dans l’environnement social, et ce, pour tous les indicateurs mesurés. Les indicateurs relatifs au soutien social offert par les amis et aux comportements prosociaux sont ceux qui témoignent des plus grands écarts entre les garçons et les filles. Il faut aussi noter un écart significatif entre les garçons et les filles à l’indice de supervision parentale. »  On s'étonnera ensuite du nombre endémique des suicides chez nos garçons...


Sexe, drogue et rock 'n' roll, en émergence...

Si vous espérez que le comportement des filles se corrige avec leur études post secondaires, une enquête récente de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) aura de quoi vous faire perdre vos dernières illusions.  Selon l'auteure, Sara-Maude Joubert, étudiante au doctorat qui a réalisé son étude auprès de 227 étudiantes de l'UQTR et du Collège de Maisonneuve de Montréal, âgées en moyenne de 22 ans, « Il semble y avoir une triade de comportements : alcool, sexualité, conduite automobile. »


Plus délinquantes ou moins cachées ?
Si la violence reste absente des conclusions générales rendues publiques dans les médias, il y aura de quoi rester étonné, chez ceux et celles qui en sont restés à la conception folklorique de la jeune fille studieuse et sage, devant les constats suivants : 26 % de répondantes pourraient avoir un rapport sexuel avec une personne rencontrés quelques heures auparavant; 26 % adopteraient un comportement sexualisé dans un bar ou une fête alors qu'elles sont intoxiquées; 17,2 % consommeraient de l'ectasy; 15,4 % manifesteraient un comportement sexualisé dans un bar ou une fête; 13,2 % rouleraient à 140 km/h sur l'autoroute et 9,3 % conduiraient un véhicule moteur avec les facultés affaiblies.  

Soulignons toutefois l'emploi du conditionnel pour tous ces comportements.  Les preneuses de risque le seraient en revanche dans plus d'un domaine, ce qui n'arrange rien.  La chercheuse cite des études étrangères qui prétendent que le fait de partager le même environnement scolaire que les hommes favoriserait la prise de risque au féminin.  Je me disais aussi que notre influence pernicieuse aurait une incidence odieuse sur autant de dépravation féminine...

Vers une redéfinition des comportements sexués...

Marie-Andrée Bertrand, criminologue de renom, avait déjà déclaré, dans un ouvrage aussi méconnu qu'important, La femme et le crime, qu'il lui était impossible de déterminer si la criminalité féminine s'était vraiment développée au fil des ans, le sujet étant tabou, ou si elle se voyait davantage constatée, évolution des mœurs aidant.  Peut-être en va-t-il de même pour la violence conjugale et la présumée apparition de comportements délinquants chez nos jeunes adolescentes et jeunes femmes.  

Marie-Andrée Bertrand
Nul doute que la recherche de la vérité sur pareils sujets ne pourra déboucher sur des résultats tangibles que dans la mesure où lesdites études se feront à l'abri de toute interférence idéologique, sans préjugés sexistes ou théories aux assises scientifiques inexistantes.   C'est à ce prix que nous pourrons enfin envisager l'humanité sexuée dans toute son authentique complexité, autrement que par le prisme toxique d'une collection manichéenne de clichés et de stéréotypes éculés et réducteurs.
source
http://olivierkaestle.blogspot.ch/2013/05/intimidation-le-quebec-de-demain-se.html

Commenter cet article

Henri GIBAUD 22/07/2013 06:52

Voici un extrait d'une Note associative adressée en juillet 2003 à une Ministre, à sa demande, après audience en janvier 2003 :
"
3.4- « Agression relationnelle, Genre et Adaptation sociale-psychologique » , 1995, Nicki Crick et Jennifer Grotpeter, Illinois USA
Ces deux auteures valident leur hypothèse de l’agression relationnelle comme forme typique utilisée bien davantage par les petites filles.
Leurs données proviennent d’une enquête auprès de quatre classes d’âges d’environ 9 à 12 ans pour en tout près d’un demi millier d’enfants (235 filles et 256 garçons).
Sans surprise, les auteures ont proposé ces actes pour l’agression ouverte (physique et/ou verbale) c’est-à-dire commise ouvertement, à découvert :
- tape, pousse un autre
- crie, invective d’un méchant nom
- commence une bagarre
Les descriptions proposées pour les contenus en actes des formes d’agressions relationnelles sont le principal apport qualitatif de cet article (page 713) :
- calme sa fureur contre un(e) autre en le (la) faisant tenir hors du groupe d’ami(e)s
- dit aux ami(e)s de cesser d’aimer la cible tant qu’elle ne fera pas ce qu’on lui dit
- fâché(e) contre un(e) autre : l’ignore ou cesse de lui parler
- s’efforce d’exclure certain(e)s du groupe d’activités ou de jeux
Sur le plan quantitatif, les chiffres établis (page 716) de manière différentielle filles / garçons méritent les commentaires étendus du § 4 de la présente Note (cf infra).
Cet article envisageait aussi la conséquence sociale pour l’enfant de son agressivité, en termes d’adaptation-intégration. Sans surprise, l’agressivité ouverte entraîne souvent un statut d’enfant
rejeté ou controversé.
Assouvir de l’agressivité sous forme relationnelle permet à l’agresseur(e) de diminuer la sanction de rejet par le groupe. En revanche cette agressivité-là multiplie l’effet de controverse à propos
de la personne de l’agresseur(e) … ce qui lui permet tout particulièrement d’être bien moins négligé(e) (page 719).
Ces auteures , peu suspectes de misogynie, ne taisent pas un ressort peu glorieux de l’agressivité relationnelle : « pour se sentir mieux (comme ayant davantage de compétence ou de maîtrise) elles
excluent ou abaissent d’autres ».

4- Les modalités différentielles d’agressivités selon le bio-genre et leurs perceptions sociales
Nous commentons la présentation des résultats chiffrés (pages 715 – 716) de Nicki Crick et Jennifer Grotpeter (1995) avec leur échantillon quasi paritaire de 500 enfants.
Tableau 1
f (% filles/Filles) g (% garçons/Garç.) f / g
Non-Agressivité ~ 78 ~ 73 ~ 1,05 x
Agressivité Intégrale ~ 22 ~ 27 ~ 0,8 x
Agr. OUVERTE seulement
Agr. bi-mode (Ouv. + Relat.)
Agr RELATIONNELLE seult 0,4
3,8
17,4 15,6
9,4
2,0 ~ 1/40 x
~ 2/5 x
~ 9 x
La Non-agressivité est très sensiblement autant une qualité des garçons que des filles.
La réalité masculine prédispose à agir surtout ouvertement tandis que le fait féminin incline, de manière encore plus tranchée, au passage à l’acte à couvert.
Tableau 2
On considère la sous-population typique de 100 Enfants Agressifs à partir des : 21,7 filles pour 100 filles et 27 garçons pour 100 garçons donnés par Crick et Grotpeter.
Filles / Agressifs
Garçons / Agressifs
pour 20 enfants
Agressivité Intégrale
~ 45 %
~ 55 % f f f g g g g
f f f g g g g
f f f g g g
Agressivité qui peut être OUVERTE à l’occasion (bi-mode) ou systématiquement
~ 9 %
~ 50 %
Seules 1/5 des filles agressives (9 sur 45) font des attaques ouvertes, tandis que moins de 1/10 des garçons agressifs (5 sur 55) veulent et peuvent n’agresser qu’à couvert.
Tableau 3
On fait ressortir l’illusion ancienne avec le déni de l’existence des violences relationnelles à couvert , à partir des : 4,2 filles qui peuvent et veulent agresser parfois ou toujours ouvertement
pour 100 filles, et des 25 garçons qui agressent soit toujours soit parfois ouvertement pour 100 garçons, chiffres donnés par Crick et Grotpeter.
Filles
Garçons
pour 20 enfants
Agressivité
illusoire
(grossière) 4,2 pour 29,2 soit
~ 14 % 25 pour 29,2 soit
~ 85 % f g g g g g g
f g g g g g g
f g g g g g
"
Notre étude visait à désillusionner sur le préjugé factice que seules les violences physiques seraient contraires à l'ordre public (et idéologiquement parce que associées à la testostérone mâle ce
qui est une bio-vérité).
Dans les § cités supra, ce qui est intéressant c'est que les auteures (2 femmes) ont cherché dans le dit "âge de transition" où fillettes et garçonnets préfèrent naturellement (étape de
développement pré-puberté classique) s'essayer au relationnel entre filles et d'autre part entre garçons. C'est démontré notamment par la grande Eleanor Maccoby ("The Two Sexes. Growing Apart.
Coming Together.", non traduit en français).
Ainsi ces scientifiques ont-elles voulu explorer la réalité des formes d'agression préférées précocement intra-genre F ou bien M mais indépendamment d'une interaction inter-genre : intention claire
de s'affranchir du discours clivant un postulat F=victime versus M=coupable.
Et notre Note de conclure par notamment cette considération :
"
Une forme particulièrement pernicieuse d’atteinte relationnelle lors du dysfonctionnement ou de la fin du couple est l’ostracisme organisé dans le psycho-affectif de l’enfant par la mère (ou le
père) agresseur(e) à l’encontre du père (ou de la mère) victime ainsi indirecte. Dans le triangle mère – père- enfant , un des sommets parentaux agresse ainsi le lien entre l’autre parent et le
descendant pour attaquer l’autre parent. La notion d’agression relationnelle a ici une pertinence très forte pour démontrer que de toute évidence l’enfant est lui aussi frappé par l’utilisation
d’un lien parental comme arme indirecte.
"