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Publié par Homme Culture & Identité

Le vrai rôle du père

Jean Le Camus, Odile Jacob, 2000.
GAËTANE CHAPELLE

Mis à jour le 15/06/2011

 
 

Face à la « crise de la paternité », deux discours ont été utilisés depuis le début des années 80 : soit s'en alarmer, et pointer un doigt accusateur sur les pères démissionnaires, soit laisser croire qu'un père symbolique peut suffire. Jean Le Camus adopte une autre attitude : il refuse de se laisser endormir par les psychologues, qui à l'image de Winnicott, affirment : « Il dépend de la mère que le père en vienne ou non à connaître son bébé. »


Selon J. Le Camus, ce sont les théories psychologiques qui ont réduit le rôle concret du père ; on a abondamment étudié les interactions mère-enfant (verbales, non verbales, etc.), mais beaucoup plus rarement celles père-enfant. Sauf depuis quelques années. Le père apparaît ainsi bien plus qu'un représentant de l'autorité. Sa présence précoce, dès les premiers mois de l'enfant, semble jouer un rôle important dans trois domaines : l'ouverture au monde, l'éveil des compétences et le développement des émotions.


Une étude américaine a ainsi montré que la qualité des relations d'un enfant (de 3 à 5 ans) avec ses pairs était liée à l'implication émotionnelle et au goût du jeu physique de son père. Il se pourrait que les enfants apprennent, dans ces échanges avec leur père, la valeur de communication sociale de leurs propres affects, et la façon d'interagir socialement. J. Le Camus montre aussi que les différences de comportement des pères et des mères tendent à s'amenuiser, sans remettre totalement en cause la différenciation des ma-nières d'être. C'est en fait dans les familles les plus traditionnelles que ces différences subsistent le plus.


Cet ouvrage offre un éclairage précieux sur le rôle de parent. L'auteur y affiche clairement son désir de voir notre société donner une plus grande place au père, dès la naissance de l'enfant et à égalité avec la mère, mais en lui laissant sa spécificité de parent masculin.

 

source : Sciences Humaines

http://www.scienceshumaines.com/le-vrai-role-du-pere_fr_366.html

 

 

Quel est le vrai rôle du père ?

A quoi sert donc un père ? Doit-il rester en retrait ou s'investir très tôt dans les relations au bébé ? Entretien avec Jean Le Camus, psychologue, spécialiste du développement de l'enfant et auteur de Le vrai rôle du père (éd. Odile Jacob).
Dans votre livre, vous évoquez beaucoup le statut du père, son rôle, en montrant principalement que le père n'est pas qu'un séparateur entre la mère et l'enfant. Pourquoi ?

Jean Le Camus : Pour ma part, je ne parle pas de "séparateur", car ce terme appartient au registre d'un courant bien particulier de la psychanalyse. Je dirais plutôt que c'est le premier "Autre", et cela rejoint l'idée de la triangulation précoce. Le père est cet Autre, de l'autre sexe que la mère. Il a une position de tiers. Cantonner le père dans un rôle de séparateur le ramène souvent à une dimension trop symbolique. Il y a là le risque d'enfermer le père dans une fonction qui s'exerce plus à travers une image et un nom qu'à travers des actes inscrits dans la vie quotidienne.

Vous incitez les pères à être plus dans l'agir de leur paternité ?

J.L.C. : Tout à fait. J'incite les pères à être présents le plus tôt possible à côté de la mère, dans le partage des soins, du jeu, de l'éducation première de l'enfant et donc d'être dans un rôle de participation, ce que j'appelle l'implication des pères. Mais pas seulement à partir de 18 mois - comme l'avaient préconisé certains psychiatres ou psychanalystes qui disaient fermement qu'il y un âge de la mère, puis un âge du père - mais le plus tôt possible, dès la phase d'attente et d'accueil de l'enfant, dans une contribution d'acteur, dans une dimension de partage. Voilà ce que j'entends par implication précoce, et c'est l'élément central de mon livre.

A l'heure actuelle, la société favorise-t-elle vraiment l'expression et le développement de la paternité ? Le père est-il reconnu ? L'image du père n'est-elle pas encore principalement associée au père qui se désiste, abandonne ?

J.L.C. : L'image est encore globalement négative, c'est vrai. Le père est souvent vu comme celui qui ne se soucie de son enfant que quand il commence à marcher, qui s'échappe en cas d'anomalie, qui ne revient pas après le divorce, etc. Mais il y a aussi de plus en plus de pères qui vont aux échographies et qui assistent à l'accouchement (80%), des pères qui participent aux soins... La paternité est perçue comme à facettes multiples, et c'est difficile de répondre à cette question à ce niveau là... Ce qui est sûr, c'est que les femmes attendent de leurs compagnons qu'ils s'engagent le plus tôt possible dans leur rôle de père, au niveau des soins, des tâches quotidiennes... Mais les mentalités bougent, on est en pleine mutation...

Justement, pensez-vous qu'à l'heure actuelle, les pères ont envie de s'impliquer ?

J.L.C. : En ce qui concerne les premiers temps de la vie de l'enfant, il est certain que les pères ont de plus en plus conscience qu'ils ont une place à prendre, sans perdre leur masculinité, leur virilité. Ils sont de plus en plus nombreux à prendre cette place, c'est-à-dire à être là d'emblée, à coté de la mère en participant aux soins, au jeu... Ce fait est relevé par les sociologues. Mais il y a aussi l'autre revers de la médaille. Il y a de plus en plus de divorces, de familles monoparentales, recomposées, etc....ce qui fait que le problème de société que beaucoup de travailleurs sociaux ont relevé, c'est-à-dire l'absence du père, est aussi une réalité. Plus de la moitié des pères ne revoient plus leurs enfants après un divorce par exemple. C'est un problème de société qu'il nous faut regarder en face et tenter de résoudre...

source : psychonet.fr
http://www.psychonet.fr/2001/02/20/1099-quel-est-le-vrai-role-du-pere


Le père et l'enfant , A l'épreuve de la séparation - Jean Le Camus & Michèle (...)

Le père et l’enfant , A l’épreuve de la séparation

Jean Le Camus & Michèle Laborde

Présentation de l’éditeur

Pour toute une génération d’enfants, le divorce ou la séparation des parents se traduit souvent, dans les faits, par la relégation du père à un rôle secondaire, quand ce n’est pas son éviction complète de presque tous les domaines.


Pourquoi ? Quelles sont les raisons historiques, sociales ou juridiques qui, dans notre pays, font qu’un enfant sur trois environ ne voit plus son père après une rupture ? Que dit la loi et que peut le droit ?


Plus largement, que sait-on de l’impact de la séparation sur le développement de tous les enfants qui la subissent ?


Forts de leur expérience respective, s’appuyant sur les études les plus récentes sur le sujet, Jean Le Camus et Michèle Laborde nous montrent ici que non seulement les enfants de la séparation ont besoin de leurs deux parents, mais qu’il est possible, concrètement, moyennant quelques mesures précises et une certaine évolution des mentalités, d’atténuer les difficultés, parfois les drames, qui surviennent à l’occasion d’une rupture parentale.


Professeur émérite de psychologie à l’université de Toulouse-Le Mirail, Jean Le Camus a notamment publié " Le Vrai Rôle du père" et "Comment être père aujourd’hui ?"


Longtemps juge aux affaires familiales à Toulouse, Michèle Laborde-Barbanègre exerce actuellement au tribunal de grande instance de Lille.

 

source :Réseau d'Ecoute d'Appui et d'Accompagnement des Parents de l'Isère (38)

http://www.reaap38.fr/Le-pere-et-l-enfant-A-l-epreuve-de-la-separation-Jean-Le


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Henri GIBAUD 22/07/2013 05:58

Dont acte pour la face "Dr Jekyll" de Le Camus, qui est sans aucun doute méritoire.
Nous nous souvenons de son courage isolé dans une journée de colloque sournois à Nantes en novembre 1996 sur le thème pervers "Faire la fête au père" ... lui faire "sa fête" ...
Pour autant, dans son opus en détestable rupture de 2005,
"Comment être père aujourd'hui?", il se livre à un exercice de sociologie approximative, hors de son champ de compétence, en s'étalant longuement sur des situations marginales comme les pères
détenus, les pères pathologiques, les pères à la rue, etc...
S'agissant des pères "empêchés" par des complicités institutionnelles avec des mères captatrices acca-parentes, il n'y consacre qu'une piteuse demi-page pour aussitôt délayer plusieurs pages sur
une catégorie 1000 fois moins pertinente démographiquement et d'abord contestable dans le concept : les fameux "pères gays"...
Ceci lui a valu en 2005 une sévère mise au point en rendez-vous privé par deux Normaliens alertés par nous, dont l'un était alors président du jury d'agrégation d'espagnol ... il ne s'en vantera
pas ...
Faut-il rappeler que Le Camus (dont la maison a perdu ses vitres le 21 septembre 2001 alors qu'il était en route pour une conférence organisée par un ami) était fier d'être consulté par le cabinet
Royal avant loi du 4 mars 2002, mais qu'il ne "parraina" aucune association ad-hoc alors pourtant que depuis janvier 2000 ("Le vrai rôle...") ces associations lui avaient offert de nombreuses
tribunes ... (exemple juin 2000 Vendée + Vannes) ?