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Publié par Homme Culture & Identité

 

Traiter du père, c’est traiter du principe même de la société humaine” selon Georges MAUCO.


Nous vivons à une époque, où plus qu’au cours des générations précédentes, le rôle du père dans l’éducation des enfants commence à être senti comme vital : on est passé de la puissance paternelle à l’autorité parentale.


Les critères éducatifs ont changé et ce dés le plus jeune age. On semble aller vers une affirmation d’une égalité des sexes.
Dans un premier temps, nous verrons les transformations de la puissance paternelle à travers l’histoire puis, dans un second temps, nous aborderons la complexité du rôle et de la fonction paternelle au sein de la société. Enfin, nous traiterons de la défaillance de la fonction paternelle et des conséquences qu’elle peut avoir sur l’enfant.

 

 

I. Le père et l’autorité: les transformations de la puissance paternelle dans l’histoire


A travers les temps, le statut de l’enfant, le père et la mère connaissent des variations à l’égard de leur statut et de leurs droits. Notamment à l’aube du Moyen-age lorsque l’image du père est associé à une dimension religieuse alors que dans la société romaine antique, l’enfant est un “objet de propriété” qui appartient au père.

 

A.A Rome

Sous l’empire Romain, la paternité importe peu, seule la volonté de reconnaissance de l’enfant par le père compte. Une fois né, le père est libre de garder l’enfant, de le supprimer ou de le vendre comme esclave. La mère ne peut intervenir dans la décision. L’homme constitue donc la référence essentielle et universelle puisqu’il possède tous les pouvoirs : les droits juridiques, politiques, civiques et religieux. Pour donner un exemple, le père mariait son fils ou sa fille, à son gré, de même que la femme dépend de son père ou de son mari. Le père a pour mission de sauvegarder l’entretien du culte et d’en transmettre le savoir à son fils. Etre père à Rome dépend donc de la volonté de l’homme dans la mesure où il est le seul à décider de laisser la vie ou de donner la mort.

Un premier contrôle judiciaire de l’exercice de la puissance paternelle fut possible à partir de 311 avant J.C, date de la création de la magistrature censure. A l’époque romaine, le droit a fortifié cette puissance du père, afin de faire de la famille le lieu où les citoyens devraient apprendre le principe d’autorité, le “paterfamilias” agissait en vertu d’une délégation de l’état. A la fin de la république romaine, les Antonins, empereurs Stoïciens, la limitèrent plus encore en proclamant “l’état a des devoirs en quelque sorte paternel envers ses membres”.


B.L’influence du Christianisme

L’influence du Christianisme permit de nombreuses mesures protectrices en faveur des enfants. Au 2ème siècle, l’empereur CONSTANTIN abrogea par une loi, le droit de vie et de mort du père sur ses enfants, êtres pourvus eux aussi d’une âme. L’édit de Trajan substitue au lieu de filiation purement volontaire un lien juridique en posant en principe que le père est celui que les noces désignent.
Au 4 ème et 5 ème siècle, sous l’influence de la doctrine ecclésiastique, les conciles de 442 à 452 officialisent l’interdiction d’abandon et d’infanticide.
Au 7 ème siècle, il ne devrait y avoir idéalement, aucun rapport charnel en dehors du mariage. La paternité étant un effet de l’état matrimonial, l’époux est obligatoirement le père légitime.


C. Le moyen-âge

Le grand changement par rapport à l’époque romaine provient du fait que la nature du mariage devient exclusivement religieuse.
Au 12 ème et 13 ème siècle, l’homme ne peut être qualifié de père que dans le mariage puisque seul le mariage légitime l’acte sexuel. Le mariage permet donc une descendance ainsi que de s’inscrire dans la communauté. De plus, le père ne mérite son nom de père que s’il donne à son enfant une éducation chrétienne. Indépendamment de ses obligations morales et religieuses, il a aussi des obligations économiques: le fils cadet n’a aucune chance de pouvoir hériter, il est défavorisé par les règles de succession.
Au 12 ème siècle, il ne devait y avoir idéalement, aucun rapport charnel en dehors du mariage. La paternité étant un effet de l’état matrimonial, l’époux est obligatoirement le père légitime. A la différence de Rome, le père ,n’a plus de droits de vie ou de mort sur ses enfants.

 

D.Du 16 ème au 18 ème siècle: de la rennaissance à l’age d’or des pères


1.La renaissance: une puissance paternelle adoucie
Au 16ème siècle, apparaît un courant d’aspîrations nouvelles contre les moeurs du Moyen-Age (moeurs religieuses). L’excercice de la puissance paternelle est à cette époque plus imprégnée de pédagogie qu’au cours des siècles précédents.
Christiane OLIVIER écrit ” c’est la première fois que la paternité est vue comme éducative”. Le souci de pédagogie est beaucoup plus présent: l’éducation doit permettre au fils un héritage moral, spirituel, affectif et culturel. Cette pédagogie se traduit par la question de développer l’intelligence, la personnalité et le jugement de l’enfant.
La puissance paternelle en est adoucie. Les hommes de la Renaissance ressentent un sentiment de fierté avec la certitude de donner à la paternité un contenu plus riche. Le mauvais père est celui qui manque de qualités humaines, il est avare, indifférent, irresponsable et absent.
Pendant la renaissance, le père est nommé garant de la stabilité de la famille et du royaume. Il doit se faire respecter mais aussi aimer.
A partir du 16 ème siècle, l’absolutisme royal a renforcé la puissance paternelle pour mieux fonder la monarchie absolue. C’est la doctrine du Droit Divin “les rois tiennent la place de Dieu qui est le vrai père du genre humain”. Le droit paternel s’excerce sur le modèle de l’autorité du roi par rapport à ses sujets.

 

2.L’age d’or des pères
L’age d’or des pères se déroule du 16 ème au début du 18 ème siècle.
L’autorité paternelle est toute puissante et a pour vocation d’assurer la vie et l’éducation de l’enfant, ainsi que de maintenir l’unité familiale. Les stratégies éducatives varient; l’aîné reçoit une éducation plus soignée en fonction du rang et de la fortune de la famille (comme au Moyen age, où l’ainé était favorisé dans les règles de succession par rapport au cadet). Dans les classes populaires, c’est grâce aux rapports au travail et à l’apprentissage que s’établissent les rapports entre père et fils. En revanche, concernant la fille, le père ne possède aucune tradition profonde pour s’en occuper.
Jusqu’au 17ème siècle, outre l’autorité royale, la question de l’autorité et de” la police des familles” appartient complètement au père: c’est le droit de correction paternelle et la possibilité pour le père de faire enfermer son enfant dans des institutions pour “rebelles”. Il faut attendre un arreté du 09/03/1673 pour voir le pouvoir s’interposer dans le gouvernement patriarcal de la famille. Cet arrêté interdit aux pères d’incarcérer leurs enfants sans justifications. Le texte est considéré comme l’une des premières limitations du pouvoir du père par le roi. Les parlements s’intéressent alors à la vie sociale et décident de légiférer sur la question des droits du père.
De 1673 à 1697 des arrêtés parlementaires fixent ceci:
-les pères remariés ne peuvent placer leurs enfants qu’avec la permission du lieutenant civil
-le placement de l’enfant prend fin le jour de ses 25 ans (majorité)
-des établissements spéciaux sont créés pour éviter la promiscuité entre délinquants et enfants rebelles

 

E. La révolution Française

A l’approche de la révolution Française, on remarque une diminution du pouvoir des pères: l’autorité paternelle commence à être contestée. L’habitude de vivre ensemble fait nâitre les plus doux sentiments qui soient connus de l’homme: l’amour conjugal et l’amour paternel. Ceci est vraiment nouveau pour l’époque. Le lien paternel avec l’enfant commence à accompagner le lien conjugual. Le mariage qui repose sur le libre consentement devient la condition à l’éclosion de l’amour paternel. On se préoccupe maintenant du besoin d’amour que d’éducation.
La famille moderne qui se met en place s’accompagne de la diminution des prérogatives du père. Celui-ci veille à l’éducation en matière d’apprentissage de connaissances, où il faut rendre l’enfant adaptable à de nouvelles situations. Cette nouvelle éducation s’oppose aux intérets de la famille traditionnelle dans laquelle l’enjeu éducatif visait le maintien des traditions et la pérennité des générations.
La diminution du pouvoir des pères reflète l’émancipation des classes sociales avec une prise de distance par rapport à la morale religieuses. On s’installe alors dans une société civile laÎque.
Dans le droit révolutionnaire c’est la conception paternelle des pays de coutume qui l’emporte mais le code civil, rédigé e, 1804, décida de soumettre la famille, fondée sur le mariage, au seul père: chargé de la diriger et de la représenter auprès des tiers.
C’est à partir du 18 ème siècle qu’une attention particulière est portée à l’enfant en matière de droit, tant au niveau pénal que civil.
Dans un processus qui tend de plus en plus à la protection de l’enfance, nous assistons à la mise en place de mesures fondées sur des conceptions nouvelles de l’enfant en tant que sujet de la société.
De même, le modèle familial s’affirme en relation avec la place que prend l’enfant dans la société et en relation avec des facteurs économiques nouveaux.

 

F.Industrialisation et désacralisation du chef de famille

L’ubanisation et l’industrialisation complexifient les représentations et les conduites paternelles. L’industrialisation massive et plus concentrée bouleverse les structures familiales déplaçant l’équilibre du foyer du père travaillant vers la mère. La révolution industrielle de 1830 a fragilisé le pouvoir paternel qui se caractérisait par la transmission d’un métier et d’un savoir-faire.
L’arrivée de l’école primaire obligatoire en 1883 destabilise l’autorité paternelle sur le plan éducatif. L’ancien modèle du père en matière de modèle éducatif lui échappe. La famille moderne se constitue donc autour de la diminution du pouvoir des pères et de la limitation des pouvoirs sur l’enfant. La paternité se détache du modèle de la famille traditionnelle mis le père reste néanmoins le chef de famille, détenteur de l’autorité et des droits familiaux.
A partir du 19 ème siècle, les jugements se font sur une idée nouvelle qui est celle du discernement du mineur criminel. Pelquier de Saint Fargeau était à l’origine d’une loi (1791) qui fixe la majorité pénale à 16 ans. Les mineurs ne seront pas soumis à la puissance paternelle. Faire travailler l’enfant revient à l’assurer de sa bonne santé au service du travail. L’intérêt est de le protéger en interférant notamment sur la puissance du père lorsqu’elle est excessive. Depuis le 1er code civil Napoélonnien de 1804, il n’a plus le droit de vie ou de mort sur ses enfants.
Le 24/07/1884, la loi institue une procédure de déchéance de la puissance paternelle s’il y a prostitution ou corruption d’enfant. Mais aussi tout père demandeur d’une mesure de correction paternelle pourra, à la suite d’une enquête sociale menée dans sa famille, voir l’usage de son droit de correction se retourner contre lui et, à la demande de l’assistance publique d’un comité, être privé de la garde de ses enfants.
En 1889, la loi qui règlementait la limitation de la puissance paternelle s’adressait en priorité aux prolétaires, qui en maltraitant leurs enfants, abusaient de leurs droits paternels. Le 24/07/1889, le droit de correction paternelle est aboli. Il est décidé la création de l’aide éducative. Elle aidera le père dans l’exercice de l’autorité sur l’enfant, chaque fois qu’il sera constaté des débordements.
En 1905: le père indigne est pourchassé
Le 30/01/1935, la “correction paternelle” est en voie d’abolition.

 

G.De l’après-guerre à la famille contemporraine
De l’après guerre et durant les années 50, le modèle de la famille traditionnelle et nucléaire apparaît universelle aux yeux de l’occident. Homme et femme occupent des places bien différenciées (la femme a un rôle de gardienne du foyer et l’homme pourvoit aux besoins de la famille).
C’est la structure sociale dominante.
L’ordonnance du 23/12/1958, abolit définitivement le principe de correction paternelle et permet l’extension au civil du juge pour enfant.
Selon Talcott Parson, avec l’industrialisation, la famille a perdu sa fonction de production, ses fonctions politiques et religieuses de la société traditionnelle. Elle partage ses responsabilités éducatives avec d’autres institutions (école). Il lui reste de socialiser l’enfant et d’assurer l’équilibre psychologique des adultes. La relation concrète du père à l’enfant s’en trouve minorée. Toute l’époque fonctionne sur l’idée que les père est incapable de tirer du plaisir du rôle qu’il doit jouer et qu’il est incapable de partager avec la mère la responsabilité de l’enfant.
A partir des années 60, on assiste à une véritable remise en cause des cadres antérieurs de la vie privée et des sens différentes dimensions (sociabilité, sexualité, conjugalité, parentalité).
Le mouvement des femmes, qui se traduit par le droit à la contraception et à l’avortement a modifié les relations entre hommes et femmes dans la hiérarchisation entre la vie sociale et la vie privée. De plus, les femmes sont entrées en masse sur le marché du travail et ont acquis l’indépendance économique. Apparaît donc un nouveau modèle familial où est mis en avant la double carrière du père et de la mère et où le père investit la vie privée. On assiste à une redistribution des tâches éducatives dans la famille, parallèlement à la reconnaissance d’une paternité affective. Ce grand changement pour le père contemporain est qu’il se trouve face à un défi stimulant et complexe: celui de construire lui-même sa paternité en ayant des difficultés à s’appuyer sur un rôle bien défini.
En effet, les hommes s’interrogent à leur tour sur eux-mêmes, leur rapport aux autres et le sens des changements dans la société contemporaine à la suite du féminisme. Ils rappellent qu’ils sont eux-mêmes partisans de certains changements.
Paradoxalement, c’est aussi à l’époque où un grand nombre d’enfant sont privés de toute relation suivie avec leur père, à la suite d’une séparation de leurs parents. En effet, l’émancipation de la femme a favorisé la hausse des divorces.

 

H.La famille contemporaine

Evelyne Sullerot fait état de l’échelle de l’Europe du mouvement de marginalisation qui concerne les père privés de droit de garde de leur enfant. Dans 85% des cas de séparation, les enfants sont confiés à la mère, dans 10% au père.
Ces chiffres reflètent la fracture possible du lien paternel contemporain et révèle la difficulté pour certains pères à prendre leur place dans la société. Mme Sullerot apporte donc comme élément d’analyse de la situation contemporaine des pères, l’idée que nous sommes passées de la suprématie de la mère et non pas à la “bi-parentalité” dont le principe est défendu à travers la loi du 04/06/1970. Ainsi, l’initiative, les décisions et la mise en oeuvre de l’éducation des enfants seraient passées entre les mains de la mère seule. Cela comme un renversement complet par rapport au temps du père tout puissant. Qu’en est-il de la paternité contemporaine dans un tel contexte?
La paternité a fait l’objet d’études sociologiques surtout dans la réflexion de privation de paternité. Daniel Bertaux et catherine Lacroix ont étudié en 1990, en France, le mouvement de la marginalisation qui contraint le père, dont le rôle social est destabilisé par le chomage et la perte de statut social, à être évincé du foyer. On parle de crise de la paternité, Louis Rousseau évoque le déclin des pères dans son livre “la famille incertaine” en 1989 où il est question d’une société sans pères;
La sociologie Française s’intéresse peu à cet état de fait, comparativement aux sociétés nordiques et anglo-saxones. Pourtant ce thème suscite des débats passionnés appelant au renforcement des valeurs traditionnelles ou à de nouvelles alternatives. L’analyse de la paternité soulève de nombreuses questions, mais en France, on s’est surtout centré sur l’étude de la famille et des conduites féminines.
On peut dire que le père se trouve désormais à la croisée des chemins tant semblent s’offrir des voies différentes pour définir ce qu’il en est de sa place.
Les nouvelles pratiques de “paternage” et de renégociation des places parentales à l’intérieur du couple mettent en avant la nouvelle position paternelle, plus proche de l’enfant. La question du père doit encore moins être dissociée de celle de la mère. Le défi de la modernité à l’aube du 21ème siècle, qu’elle soit structurée ou paritaire, ne doit pas pour autant en arriver à dénier la spécificité des sexes.

 

Source : educatif.com

http://educactif.com/widget/les-peres-et-la-paternite-versant-historique-et-legislatif/


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svp papa 24/03/2013 13:09

quel torchon ! Toujours la même culpabilisation de l'homme. En plus, comme d'hab, la loi de la nature est sciemment évincée. Les femmes ne dependent enfin plus des lois de la nature. Avant 1950,
les progres de la medecine n'etaient pas suffisamment efficaces et l'hygiene pas assez secure pour assurer des grossesses sans risque aux femmes. Ainsi, la femme risquait sa vie : mort en couche,
infection suite aux cesarienne, enfant qui se presente par le siege, prematurés... Faire l'amour n'etait pas un plaisir insouciant, comme aujourd'hui, pour les femmes. Ce n'est pas une soumission
de l'homme, c'est la loi de la nature. Ainsi, les sociétés se concentraient sur l'homme, non pas par soumission, mais par la volonté de la nature. Puis vint cette ere qui rompit les liens entre
l'homme et la nature. L'apres 1950, nos developpements techniques ont sauvés des millions de gens en general et des millions de femmes, en particulier, grace à la medecine.