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Publié par Homme Culture & Identité

16/03/10


L'orientation sexuelle des individus est-elle déterminée avant même leur naissance ? C'est en tout cas ce qu'affirme le professeur Jacques Balthazart, du GIGA-neurosciences, en se référant à une littérature scientifique abondante nourrie par l'expérimentation animale et la clinique humaine. Loin des clichés qu'elle véhicule encore, l'homosexualité ne serait ni une « maladie », ni une déviance, ni imputable au contexte familial et socioculturel dans lequel l'individu a été élevé. Mauvaise journée pour l'homophobie !...

Où se situent les racines de l'homosexualité ? Dérivée des idées freudiennes et postfreudiennes, la théorie la plus communément admise postule que cette orientation sexuelle est principalement, si pas exclusivement, chevillée à la petite enfance, aux apprentissages et interactions qui s'y déroulent, et plus particulièrement aux interactions du jeune enfant avec ses parents. Dans ce contexte, l'homosexualité serait la résultante d'un blocage du développement de la libido à un stade immature.

Dans son livre Biologie de l'homosexualité – On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être (1), le professeur Jacques Balthazart, responsable du Groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement au sein du GIGA-neurosciences de l'Université de Liège (ULg), conteste cette thèse, estimant qu'elle n'est corroborée par aucune étude quantitative contrôlée et qu'elle fait fi des données, aujourd'hui foisonnantes, de la littérature scientifique. Précisément, quelle voie semble tracer ces données biologiques issues essentiellement de la clinique humaine et de l'expérimentation animale ? Celle qui conduit Jacques Balthazart à affirmer que l'homosexualité dépend largement d'influences prénatales de trois types : hormonales (principalement), génétiques et peut-être immunologiques. « Vu la complexité de la personne humaine, ceci n'exclut pas qu'il puisse exister des homosexuels pour qui cette orientation constitue un choix de vie délibéré, éventuellement influencé par des expériences antérieures, déclare-t-il. Cependant, une large proportion des homosexuels naissent avec ce penchant. »


Préférence sexuelle pour des individus du même sexe, l'homosexualité ne doit pas être confondue avec l'activité homosexuelle. Tant chez l'animal que chez l'homme – le cas du milieu carcéral est bien connu -, la pratique de relations « intimes » avec un individu du même sexe est susceptible d'apparaître dans toute situation où un partenaire du sexe opposé n'est pas disponible. Il existe d'ailleurs de nombreuses civilisations où, comme en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les relations homosexuelles sont la règle chez les adolescents. Elles peuvent notamment s'inscrire dans un cadre initiatique ou avoir pour but de préserver la virginité des jeunes filles. « Dans les pays concernés, le taux d'homosexualité à l'âge adulte est de 5 à 10% comme dans toutes les populations, commente le professeur Balthazart. J'y vois un argument pour réfuter les théories qui attribuent son origine à des apprentissages précoces qui auraient façonné des préférences de longue durée. »

 

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