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Publié par Homme Culture & Identité


 
Avec le développement de la société des loisirs, les couples passent aujourd’hui beaucoup plus de temps ensemble qu’il y a un siècle.
Comment expliquer qu’au lieu de permettre un meilleur épanouissement personnel des deux membres du couple, on assiste plutôt à une augmentation du taux de divorce ? Les hommes et les femmes sont-ils vraiment faits pour vivre ensemble ?
 
Tous les livres de psychologie vous diront que les hommes et les femmes doivent apprendre à communiquer s’ils veulent être heureux en couple.
Sauf que l’observation des couples modernes nous conduit à croire que les hommes et les femmes ne parlent pas tout à fait le même langage.
Comment voulez-vous qu’ils se comprennent s’ils ne donnent pas aux mots la même signification ?
Quand un homme dit à sa partenaire « Je t’aime », dit-il vraiment à celle-ci ce que la femme signifie quand c’est elle qui dit « Je t’aime » ?
 
Différences naturelles ou culturelles
Les psychologues constatent de plus en plus qu’il existe des différences de nature entre les hommes et les femmes, pas seulement des différences de culture.
Ces différences pourraient expliquer pourquoi le taux de divorce est passé de 5 % au début du XXe à plus de 50 % en ce début du XXIe siècle et pourquoi, malgré le fait que les hommes et les femmes passent plus de temps ensemble, ils se comprennent de moins en moins et se disputent de plus en plus.
 
Les recherches génétiques, neurologiques et hormonales (de plus en plus poussées grâce à notre haute technologie) prouvent l’existence de différences biologiques à la base des comportements féminins et masculins. Le cerveau de l’homme ne fonctionne pas de la même façon que le cerveau de la femme. Même si les deux possèdent des structures cérébrales identiques, il existe de minimes différences quantitatives entre ces structures, lesquelles sont responsables de grandes différences comportementales.
Par exemple, l’hypothalamus, grand responsable des comportements associés à la survie physique (agressivité, sexualité, alimentation…) est plus développé chez l’homme. On pourrait utiliser cette donnée pour expliquer la plus grande préoccupation matérielle de l’homme qui s’investit dans un couple. D’un autre côté, le corps calleux, bande médullaire permettant une meilleure interrelation entre les deux hémisphères du cerveau, est 40 % plus dense chez la femme. Ceci explique la plus grande facilité des femmes à passer d’une émotion à l’autre, à ramener au présent des évènements d’un passé lointain et à mettre en mots ses émotions.
D’après les anthropologues, les différences entre l’homme et la femme sont plus grandes que les différences interculturelles : le macho québécois et le samouraï japonais ont plus de caractéristiques communes qu’avec leurs compagnes, la geisha et la féministe nord-américaine qui, elles, se ressemblent beaucoup plus qu’elles ne le pensent. Les hommes de différentes cultures, par exemple, préfèrent l’action comme priorité de vie alors que les femmes de ces mêmes cultures favorisent, quant à elles, les relations interpersonnelles.
Nous comprenons instinctivement mieux les personnes de même sexe, même si elles sont de cultures différentes, que nous comprenons les membres de l’autre sexe. Alors, imaginez ce qui peut se passer lorsqu’on vit en couple à l’année longue.
 
Non seulement la signification des mots est-elle différente selon le sexe, mais la structure du langage et la motivation à la communication sont aussi différentes.
Pour l’homme, communiquer veut dire échanger de l’information. Pour la femme, communiquer est source de partage, d’intimité et de plaisir.
La femme veut retirer de ses conversations un important soutien émotionnel, dans la mesure où elle tente de se comprendre, de comprendre les autres et d’entretenir la relation.
L’homme s’attend, quant à lui, à des conversations rapides et superficielles qui lui permettent d’échanger des informations pratiques et, de préférence, amusantes.
L’homme éprouve rarement du plaisir à « parler pour parler ». Et quand il le fait, il préfère argumenter plutôt qu’exprimer ses états d’âme.
Écoutez les conversations téléphoniques de l’homme et de la femme et vous observerez ces différences.
Comprenez-vous mieux pourquoi l’homme réagit souvent par la défensive quand sa partenaire lui dit : « Chéri, parle-moi ! »
De plus, l’homme préfère communiquer en public alors que la femme adore le faire dans l’intimité.
 
Voici une situation classique.
Le couple a invité des amis à souper et, tout au long de la soirée, l’homme s’est mêlé à la conversation et a même tenté à plusieurs reprises de « prendre le plancher », tout le plancher.
Dès la porte refermée sur les derniers invités, l’homme cesse de parler et voudrait aller se coucher (et même faire l’amour), alors que la femme aimerait enfin échanger avec son partenaire sur leurs différentes réactions vécues au cours de la soirée. Elle cherche à communiquer intimement alors que lui commence, en silence, à la caresser.
Ai-je besoin de vous dire comment ce genre de situation se termine si l’un et l’autre sont ignorants des différences entre homme et femme ?
 
 
Modes d’existence
Il existe quatre façons de percevoir la réalité :
1. le mode physique, soit la réalité concrète et mesurable, le monde des sensations ;
2. le mode intellectuel, soit le monde de la pensée, de l’imagination, de la cognition et des attitudes mentales ;
3. le mode émotionnel, soit la réaction intérieure face à la réalité extérieure ; et
4. le mode spirituel, un mode de perception se situant au-delà de l’objectivité et de la compréhension intellectuelle.
 
L’homme se sent plus à l’aise sur les plans physique et intellectuel ; la femme est plus familière avec les plans émotif et spirituel.
L’homme parle un langage physique et, s’il est instruit, un langage intellectuel.
L’homme intelligent cherche à remédier aux problèmes par le raisonnement et l’argumentation ; l’homme moins instruit ou plus impulsif le fera par des démonstrations physiques.
L’homme intellectuel vit ses émotions au niveau de la pensée ; l’homme physique les vit au niveau corporel.
L’homme a des pensées tristes ou heureuses et il exprime ses sentiments avec son corps. Avant de passer du mode intellectuel au mode physique, l’homme émet certains signaux, souvent de façon inconsciente : son regard devient fixe, sa respiration s’accélère, ses muscles se tendent, il élève le ton, il se cambre, il pointe du doigt, ses narines s’écarquillent, il ajoute du poids à son argument en donnant un coup de poing sur la table…
 
La femme a souvent alors l’impression que l’homme cherche la bagarre (ce qui n’est pas nécessairement le cas) et réagit de façon émotive. L’exemple classique de cette dynamique : l’homme qui cherche à expliquer à sa partenaire comment fonctionne l’ordinateur ou le magnétoscope. Quand sa partenaire ne semble pas comprendre ses directives et lui demande de les lui répéter, il le fait généralement en insistant davantage sur chaque étape du déroulement (démarche intellectuelle) ; la femme réagit alors la plupart du temps en disant : « Ne te fâche pas ! » ou « Ne me parle pas sur ce ton ». Elle réagit à la dimension émotive, réaction que l’homme nie en insistant à nouveau sur la procédure à suivre. Vous connaissez la suite.
 
La femme peut vivre des émotions qui ne sont ni physiques, ni intellectuelles. Elle peut même vivre des émotions sans raison ; ce qui est incompréhensible pour l’homme. C’est pourquoi lorsque sa femme tente de lui exprimer des expériences directes, subjectives, intuitives, il cherche généralement à la raisonner, à trouver une cause à ses émotions et à lui suggérer des solutions ou des moyens pour les faire disparaître. Sa partenaire ne se sent alors pas du tout comprise parce que tout ce qu’elle voulait, c’est qu’il soit à l’écoute de ses états d’âme et de son désir de lui partager ce qu’elle éprouvait et non pas d’être « réparée ». Et la conversation se termine par un « De toute façon, tu ne comprends jamais rien ».
 
La dépense d’énergie
La façon de travailler des hommes et des femmes est aussi très différente. L’homme consacre une partie de son temps et de son énergie à l’exécution d’une tâche et il évalue son efficacité par le résultat de ses efforts. Il épuise ainsi son énergie et doit ensuite « se retirer en lui-même » pour récupérer (faire une sieste de 10-20 minutes ou prendre une bière).
 
La femme quant à elle peut récupérer son énergie en continuant d’interagir avec le monde extérieur. De plus, beaucoup de femmes aiment entreprendre plusieurs tâches à la fois alors que la majorité des hommes préfère se concentrer sur une action prioritaire.
 
Par exemple, lorsque vient le temps de réaménager le salon, l’homme envisage le résultat final en calculant (mentalement) l’espace que chacun des meubles peut prendre et l’effort nécessaire aux déplacements de ceux-ci. Il emmagasine donc son énergie, déplace le divan, reprend son souffle et est prêt à déplacer un autre meuble. Si la femme n’aime pas l’effet esthétique final (réaction émotive), elle lui demande de tout déplacer à nouveau ; elle veut essayer différentes dispositions afin de trouver celle qui donnera le meilleur feeling. Très rapidement, l’homme aura l’impression que sa femme ne sait pas ce qu’elle veut et qu’elle l’exploite ; il lui propose alors un plan pour rentabiliser et minimiser sa dépense d’énergie. Comme l’imposition de structures donne à la plupart des femmes le sentiment qu’elles sont dominées, opprimées, manipulées et incomprises, elle pense qu’il veut tout contrôler : « Tu veux encore avoir raison. »
 
Autres sources de conflit
Si l’expérience du magasinage est si conflictuelle, c’est qu’elle fait ressortir plusieurs différences fondamentales entre l’homme et la femme. L’homme a besoin d’une raison pour agir et vise un résultat ; la femme trouve son plaisir dans l’action même. C’est pourquoi l’homme a l’impression d’avoir perdu son temps et est en colère s’il n’a pu trouver l’article recherché, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour la femme qui vit le magasinage comme une expérience de découvertes. La femme se sent dynamisée par la découverte de nouveaux endroits, de nouveaux arômes, de nouvelles personnes. Pouvez-vous imaginer un homme qui, parti acheter une paire de soulier, puisse rentrer bredouille à la maison, heureux et satisfait parce que le centre d’achat a refait toute sa décoration ? Or, comme les hommes et les femmes font l’amour comme ils magasinent (l’homme mettant l’accent sur le résultat, la femme sur le processus), vous pouvez facilement comprendre pourquoi le lit devient malheureusement un champ miné plutôt qu’un terrain de jeux ou un endroit de détente.
Ce que l’homme désire est généralement déterminé par ce qu’il peut obtenir (entre autres, selon ses ressources financières) ; l’homme entretient des rêves réalisables et ceux-ci deviennent des objectifs à atteindre. Pour la femme, désirer et pouvoir ne sont pas obligatoirement liés ; elle peut avoir plaisir à exprimer ses désirs et ses rêves même si ceux-ci ne se réalisent jamais. Or, l’homme veut plaire à sa partenaire et veut la rendre heureuse en lui donnant tout ce qu’elle désire. Il interprète souvent l’expression des désirs de sa femme comme : « Si tu m’aimes vraiment, tu vas réaliser tous mes désirs ». Comme cette dernière exprime plusieurs désirs et les renouvellent continuellement, il en vient à penser qu’elle ne se soucie pas de ses efforts antérieurs et que, quoi qu’il fasse, sa femme ne sera jamais heureuse, ne se contentera jamais. Ce qui l’amène souvent à démissionner et à cesser d’aller au-devant d’elle.
L’homme a besoin d’encadrement pour mieux fonctionner ; il veut savoir où, quand, comment, pourquoi, combien de temps et si cela va être utile. L’homme a besoin de déterminer les choses et de contrôler les faits. Pour la femme, tout cela devient rapidement limitatif et résiste à toute tentative de contrôle ; pour elle, découvrir de nouvelles choses ou des nouvelles façons de faire représente un processus de changement amusant et excitant. Elle veut même changer ce qui fonctionne déjà très bien, ce qui constitue une hérésie et une perte d’énergie pour l’homme.
 
L’homme se sent à l’aise lorsqu’il sait comment sont partagées les responsabilités ; il veut savoir qui dirige, peu importe qui dirige, lui ou l’autre. Tous les groupes (traditionnellement) dominés par les hommes possèdent une structure hiérarchique (ex. : armée, politique, église). Ce faisant, il ne cherche pas à contrôler, il veut tout simplement éviter le chaos et la confusion en mettant de l’ordre dans les relations et les situations. La femme possède une approche plus égalitaire et partage spontanément les tâches au fur et à mesure qu’elles se présentent tout en amenant les gens à s’impliquer selon leurs ressources. Voilà probablement pourquoi les hommes et les femmes ont tant de difficultés à travailler ensemble dans une cuisine pour préparer un repas.
 
Comment s’en sortir ?
Comment, avec toutes ces différences, vivre harmonieusement en couple ? Tomber en amour est une chose relativement facile ; construire un couple demande plus que de l’amour et de la bonne volonté. Contrairement à la croyance populaire, il faut beaucoup de connaissances et d’efforts pour arriver à créer une relation qui permette la satisfaction optimale des besoins tout à fait légitimes, mais souvent opposés, de l’homme et de la femme.
 
La connaissance et le respect des différences sont incontournables pour la survie et l’épanouissement d’un couple.
 
N.B. Toutes les caractéristiques comportementales féminines et masculines énumérées dans ce texte le sont à titre d’exemples et non d’absolus.
 
Yvon Dallaire, Psychologue, Sexologue, Conférencier, Auteur canadien de nombreux volumes sur les relations homme – femme : http://www.optionsante.com/yd_livres.php.
Il est co-créateur de la formation en psycho-sexologie appliquée aux couples avec le Dr Iv Psalti : http://www.formationsexologue.com, formation réservée aux intervenants en thérapie conjugale.

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